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Covid-19: des épidémiologistes et parents d'élèves réclament un report de la rentrée scolaire

Elèves masquées lors de la rentrée scolaire en septembre 2020 à Vincennes

Elèves masquées lors de la rentrée scolaire en septembre 2020 à Vincennes - Martin BUREAU / AFP

Plusieurs pays européens ont décidé de décaler la rentrée de quelques jours voire semaines alors que les contaminations repartent à la hausse. La situation en Grande-Bretagne inquiète particulièrement certains spécialistes.

"Ne commettons pas la même erreur que lors de l’arrivée de la première vague en Italie: ne rouvrons pas les écoles début janvier", assène sur Twitter le professeur Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève. Le déclencheur de ce cri d'alerte: la recrudescence préoccupante de l'épidémie au Royaume-Uni où une mutation du virus, jugée plus contagieuse, a été découverte.

"Avec l’aggravation de la situation au Royaume-Uni et en Irlande", l'épidémiologiste invite à "ne pas procrastiner en Europe". "Vaccinons, vaccinons, vaccinons d’abord. Accélérons la vaccination", réclame-t-il.

Une voix qui est loin d'être isolée. Les élèves français doivent reprendre le chemin de l'école lundi 4 janvier, après deux semaines de vacances marquées par des regroupements familiaux et d'importants brassages de population. Interrogé dans les colonnes du Parisien, l'épidémiologiste Mahmoud Zureik regrette que "la rentrée n'ait pas été mieux préparée comme cela a été le cas en Allemagne, où elle a été décalée".

De nombreux pays européens ont en effet décidé de reporter la rentrée de quelques jours voire semaines. C'est notamment le cas dans plusieurs régions britanniques, mais aussi en Grèce, en Pologne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Autriche. Et précisément ce que réclame le collectif de parents d'élèves Ecole et Familles oubliées qui déplore qu'aucun renforcement du protocole sanitaire n'ait été mis en place alors que le nouveau variant du virus "est officiellement déjà présent" sur le territoire français.

"Laisser l'épidémie à l’école, c'est exposer la société toute entière"

Dans une lettre ouverte adressée mercredi au gouvernement, ces parents demandent ainsi que, "compte tenu de la reprise épidémique, des dernières découvertes scientifiques, ainsi que de l’incertitude énorme concernant la variante VUI-202012/01 du SRAS-CoV-2", "les écoles ne rouvrent pas le 4 janvier".

"La rentrée en présentiel doit être décalée, pour permettre la mise en sécurité des établissements scolaires comme de nombreux scientifiques le demandent en France et comme le font la majorité des pays européens", écrivent les responsables du collectif.

Le report du retour en classe permettra, selon eux, de réaliser un état des lieux sur la dangerosité de la nouvelle souche du virus et de l'impact des fêtes de fin d'année sur la progression épidémique, mais aussi d'élaborer "un protocole sérieux pour la réouverture des établissements" avec des effectifs réduits, une aération efficiente des locaux et le déploiement de tests salivaires.

"Laisser l'épidémie à l’école, c'est exposer la société toute entière. Et il faudra malheureusement payer collectivement le prix de cet attentisme, qui déjà en mars nous avait conduit à regarder tranquillement la Lombardie sans réagir"; estiment-ils.
Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV