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Covid-19: dans une tribune, des médecins estiment qu'un reconfinement mi-janvier est "à craindre"

Test de dépistage du coronavirus le 19 novembre 2020 à Saint-Gilles, dans le Gard

Test de dépistage du coronavirus le 19 novembre 2020 à Saint-Gilles, dans le Gard - Pascal GUYOT © 2019 AFP

Pour les signataires, les mesures actuelles ont "un effet probablement réduit" sur la propagation du virus en France.

La France va-t-elle devoir resserrer la vis? Alors que de nombreux voisins européens ont pris la décision de se reconfiner pour quelques semaines afin de lutter contre le coronavirus, le gouvernement français exclut, pour l'heure, cette possibilité. Pour autant, l'arrivée du nouveau variant anglais, plus contagieux, pourrait modifier la feuille de route des autorités et les forcer à de nouvelles mesures coercitives.

Confinement "strict et précoce"

C'est en tout cas ce que prévoit l'association Fondation PandemiA, constituée de professionnels de la santé, qui estime dans une tribune publiée ce lundi dans le quotidien Le Monde qu'un nouveau confinement est "à craindre".

"Pour l’instant, les restrictions sont limitées à un couvre-feu à 18 heures dans certains départements, avec un effet probablement réduit. Il est à craindre que l’aggravation de l’actuelle vague impose mi-janvier un nouveau confinement, du fait, de nouveau, des graves pressions sur le système de santé", peut-on lire.

Pour les signataires, une quarantaine "stricte et précoce" est "la meilleure arme contre la propagation virale, même s’il est de plus en plus mal vécu par la population".

La France "court après le virus"

Sur BFMTV, l'un des membres de ce collectif, Gilles Pialoux, a estimé un tel reconfinement "inévitable". Car pour le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon de Paris, la France "court encore après le virus".

"Je ne prendrais qu’un seul exemple, le variant est probablement apparu en septembre et a commencé à imposer une situation critique à la Grande-Bretagne en décembre. Typiquement, on a deux mois de retard. Ce sera pareil pour ce variant en France, alors la situation est très compliquée."

Dans le reste de cette tribune, quelques critiques et recommandations à l'attention du gouvernement sont également distillées.

"Notre incapacité à mieux gérer les déconfinements, en anticipant la recirculation du virus, est aussi en question. (...) Les travaux conduits dans le cadre du réseau Obépine (qui surveille la présence du virus dans les eaux usées, NDLR) avaient notamment alerté sur le retour du virus, dès le 20 juin, les indicateurs 'individus-centrés' n’ayant perçu cette recirculation qu’un mois plus tard", peut-on lire.

Or, pour les signataires, ces signaux auraient pu "conduire à un reconfinement plus strict et plus précoce, et pas à des stratégies faites de demi-mesures, non retenues par nos voisins."

Appel à la vaccination

Finalement, la tribune souligne également que la vaccination est pour l'heure l'arme la plus efficace pour lutter contre la maladie.

"Nous ne pouvons gâcher la chance et la prouesse scientifique de pouvoir en disposer aussi rapidement. Ne revenons pas sur la non-préparation d’un processus qui aurait dû être anticipé depuis au moins trois mois, ni sur le scepticisme généralisé des Français, très lié à la cacophonie, alimentée dans certains médias et par des réseaux sociaux incontrôlables", argumentent les signataires, dans un ultime tacle.

Pour l'heure, plus de 100.000 Français ont été vaccinés, ont indiqué ce lundi des sources gouvernementales à BFMTV. Des chiffres encore loin de ceux recensés chez certains de nos voisins: au Royaume-Uni par exemple, plus de 1,5 million de personnes ont déjà été vaccinées.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV