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Reconfiner l'Île-de-France quand le taux d'incidence dépasse les 400? Le seuil est presque atteint

Le Premier ministre a expliqué que si la région francilienne n'était pas soumise aux mêmes restrictions que le Pas-de-Calais, c'est parce que son taux d'incidence n'atteignait pas 400. Un seuil encore jamais évoqué jusque-là.

Jean Castex a réaffirmé ce dimanche soir, au cours d'une interview sur la plateforme Twitch, la politique de territorialisation du gouvernement dans l'application des restrictions anti-Covid. Interrogé sur la différence de traitement entre le Pas-de-Calais et l'Île-de-France, il a déclaré que des mesures de confinement pourraient être prises dans la région francilienne quand elle présenterait un taux d'incidence de 400 pour 100.000.

"On a démarré (le confinement le week-end) dans ces départements, quand le taux d'incidence était à 400 pour 100.000 habitants. Il est encore en dessous" en Île-de-France, a précise Jean Castex, et tant que ce chiffre n'est pas atteint, "on ne peut pas prendre les mêmes mesures".

Ce seuil n'avait jamais encore été instauré clairement jusque-là. Dans son discours du 4 mars, lors duquel le confinement du Pas-de-Calais avait été évoqué, Jean Castex avait déclaré que deux départements dépassaient "dorénavant le seuil des 400 pour 100.000", sans indiquer qu'il s'agissait d'un nouveau niveau d'alerte officiel.

"On ne peut pas prendre un département isolément"

Ce seuil fixé pour la mise en place de nouvelles restrictions n'avait pas été clairement indiqué jusqu'à présent. La semaine dernière, les situations du Pas-de-Calais et de l'Île-de-France étaient surtout comparées au niveau des réanimations.

Le taux d'incidence - le nombre de cas confirmés sur les sept derniers jours, rapportés à 100.000 habitants - est en hausse dans la région francilienne, et atteint désormais 391, selon les dernières données de Santé publique France. Mais dans certains départements, il dépasse d'ores et déjà les 400.

Les données enregistrées donnent ainsi 486 en Seine-Saint-Denis, 440 dans le Val-d'Oise, 428 dans Val-de-Marne et 400 en Seine-et-Marne, mais il n'est pas question de confiner uniquement ces quatre départements.

En "Île-de-France, la grosse difficulté par rapport au Pas-de-Calais, c'est qu'on ne peut pas prendre un département isolément, parce qu'il y a beaucoup de flux de population, on est obligé de considérer la région globalement", explique le Premier ministre.

"Prendre cette décision que lorsqu'on a tout essayé"

En fin de semaine dernière, l'exécutif a, pour la première fois depuis des jours, arrêté d'exclure totalement un confinement en Île-de-France. Les services de réanimation des hôpitaux y sont saturés, et des évacuations de patients ont dû être organisées.

Le Premier ministre a estimé qu'à Nice et Dunkerque, premières villes confinées le week-end, "les efforts payaient".

"Confiner c'est très dur" a rappelé Jean Castex, "il ne faut prendre cette décision que lorsqu'on a tout essayé, et c'est ce que nous en sommes en train de faire".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV