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Coronavirus: qu'est-ce que le plan blanc, déclenché dans plusieurs hôpitaux de l'Oise?

Une infirmière donne des soins à un patient dans un hôpital (illustration) - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Une infirmière donne des soins à un patient dans un hôpital (illustration) - Jean-Sébastien Evrard - AFP - -

Le plan blanc a été déclenché ce mercredi dans les hôpitaux de Creil et de Compiègne, en vue de contenir et d'endiguer l'épidémie de coronavirus chinois. Ce dispositif permet de déployer et de coordonner rapidement du personnel médical en cas de situation sanitaire exceptionnelle.

Tout comme l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne, la Croatie, la Grèce et la Suisse, la France n'est pas épargnée par l'épidémie de coronavirus qui se propage à travers l'Europe et suscite de fortes inquiétudes. Le virus met le continent sous pression pour contenir l'épidémie, alors que le nombre de morts s'est encore accru ce mercredi, avec un nouveau mort à Paris et quatre personnes hospitalisées sur le sol français, portant à 18 le nombre de contaminations dans l'Hexagone.

  • Rappeler du personnel pour rechercher des cas contacts

L'un des cas de contamination ayant été détecté chez un patient hospitalisé à l'hôpital de Creil, dans l'Oise, le plan blanc a été déclenché dans l'établissement hospitalier de manière à organiser la prise en charge des cas suspects.

Selon nos informations, le dispositif a aussi été activé ce mercredi à l'hôpital de Compiègne "afin de rappeler du personnel pour la mission de recherche de cas contacts". "Ce plan blanc n’est pas lié, pour l’heure, à des difficultés de personnels, ni à un afflux massif de patients, ni à une mise en quarantaine", précise néanmoins l'Agence régionale de Santé.

  • Un dispositif activé en cas de crise sanitaire

Le plan blanc n'est déclenché qu'en cas de crise sanitaire urgente ou exceptionnelle, sur décision du directeur de l'hôpital ou à la demande du préfet. Il peut donc être activé à la suite d'un accident grave, d'un attentat ou encore d'une épidémie. Il avait par exemple été déclenché après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, après celui de Strasbourg en 2018, mais également lors de l'accident entre un train et un bus scolaire survenu en 2017 à Millas

Ce dispositif exceptionnel, mis en place depuis 2004, permet d'organiser au niveau local les secours et les hospitalisations. Dans les établissements de santé, l'activation de ce plan permet de déployer du personnel d'urgence, grâce à des procédures prévues à l'avance et qui doivent être répétées régulièrement.

  • Mieux mobiliser et coordonner les moyens 

Il permet, selon le ministère de la Santé, de "mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d'afflux de patients ou de victimes ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle". Mais cela permet également de "formaliser une meilleure coordination régionale des dispositifs existants dans les trois secteurs sanitaires (secteurs ambulatoire, hospitalier et médico-social)".

Chaque établissement hospitalier ayant à disposition des lits d'hospitalisation doit avoir une procédure à suivre en cas de plan blanc. Des blocs opératoires doivent pouvoir aussi être ouverts pour accueillir les éventuels blessés. Il s'agit de gérer les priorités et de, parfois, déprogrammer des interventions non-indispensables pour permettre aux blessés d'être pris en charge. 

Comme le rappelle le docteur Alain Ducardonnet, spécialiste santé de BFMTV, le plan blanc peut aussi comporter la mise en place d'un "poste avancé". Dans ce cas, l'hôpital s'organise aussi en dehors de ses murs. 

Jeanne Bulant