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Santé

Auvergne-Rhône-Alpes: la campagne de dépistage massif débute ce mercredi

Près de 2600 centres de tests du Covid-19 sont déployés à travers toute la région pour permettre aux habitants de se faire tester avant les fêtes. Mais l'opération suscite toujours des questions.

La région donne le coup d'envoi ce mercredi de sa campagne de dépistage massif en Auvergne-Rhône-Alpes. Dès aujourd'hui, il est possible de se faire tester dans l'un des 2600 centres mis en place dans des laboratoires, des pharmacies, mais aussi des lycées, des supermarchés, des barnums, voire dans des bus spéciaux dans les zones rurales.

L'objectif affiché pour la région et Laurent Wauquiez est clair: être au plus près de la population. "On a essayé de faire en sorte, sur une région très grande qui couvre douze départements, que chacun ait à peu près un centre de tests à moins de 20 minutes de chez lui", a-t-il répété ce mercredi sur RTL.

Des doutes autour du dépistage

Au total, près de 15.000 volontaires, dont beaucoup de professionnels de santé, sont mobilisés pour réaliser cette opération de grande envergure. Reste toutefois de nombreux doutes et réticences au moment de lancer cette campagne, notamment sur l'isolement des personnes contaminées, clé de voûte de la réussite d'une telle campagne.

Interrogé à ce sujet, Laurent Wauquiez assure que l'Assurance maladie "s'est mobilisée pour augmenter ses centres d'appels" à l'occasion de cette campagne afin de tracer les possibles cas contacts. Un partenariat avec la Croix-Rouge a également été noué pour proposer des solutions aux personnes qui ne peuvent pas s'isoler chez elle dans de bonnes conditions.

"Pas un passeport pour faire n'importe quoi"

Des voix se sont aussi élevées pour s'interroger sur la fiabilité des tests antigéniques utilisés, jugée insufisante, mais aussi pour alerter sur le possible relâchement des personnes testées négatives à l'occasion de cette campagne avant les réunions de famille pendant les fêtes.

Les maires de Lyon et Villeurbanne se sont par ailleurs dit confortés dans leurs doutes par le Conseil scientifique, qu'ils avaient interrogé sur la meilleure stratégie à adopter. Dans un avis signé par le président de l'instance, Jean-François Delfraissy, le conseil leur répondu "qu'une campagne de 'mass testing' au niveau national ne lui paraît pas réaliste", ont indiqué les deux élus mardi.

L'instance penche plutôt pour une "stratégie de dépistage large début janvier, ciblée sur certaines populations dont les jeunes et sur certains territoires", ont ajouté Grégory Doucet et Cédric Van Styvendael.

"Ce n'est pas un passeport pour faire n'importe quoi, mais c’est une protection supplémentaire. C'est mieux de faire cet effort avant les fêtes de Noël", a répondu aux critiques Laurent Wauquiez sur RTL ce mercredi.

Combien d'habitants testés?

L'autre inconnue autour de cette campagne de dépistage massif réside dans le nombre de personnes qui se feront finalement tester. L'idée de tester les huit millions d'habitants étant impossible, l'objectif initial est de viser une personne sur quatre, soit près de deux millions de personnes. C'est d'ailleurs le nombre de tests antigéniques commandés par la région.

Mais ce mercredi, Laurent Wauquiez s'est montré plus prudent encore, refusant de parler d'un objectif chiffré. "Ce qu'on vise c'est la possibilité de se faire tester simplement pendant une semaine", a assuré le président de région Les Républicains.

La campagne doit se poursuivre jusqu'au 23 décembre, à la veille du début des fêtes de fin d'année. Vous pouvez retrouver l'ensemble des centres de tests sur le site de la région. Ces dépistages sont gratuits et sans ordonnance.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions