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Un mois obligatoire à partir de 16 ans: les grandes lignes du Service national universel

Le groupe de travail chargé d'imaginer les contours du Service national universel préconise l'instauration d'une période obligatoire d'un mois en internat à partir de seize ans.

Un mois obligatoire pour toute une classe d'âge, à partir de seize ans: ce sont les modalités recommandées par un rapport sur la mise en œuvre du Service national universel (SNU) remis jeudi dernier au chef de l'Etat, selon Le JDD.

"Brassage"

Chargé de penser la mise en application de cette promesse du candidat Macron, le groupe de travail présidé par le général Daniel Menaouine préconise l'instauration d'une période de "brassage" en internat - et non en casernes -, consacrée à l'apprentissage des gestes de premiers secours et à des activités sportives. Le caractère militaire du SNU serait donc très lointain. Hors de question par exemple d'apprendre le maniement des armes.

"C'est une bonne idée sur le principe, c'est vrai que le creuset républicain ne fonctionne pas. Mais un service pour faire quoi? Enseigner les valeurs, perpétuer l'instruction civique, d'accord, mais il faudrait aussi rendre ce service civil utile, que tous ces jeunes aillent sur le terrain, or on n'a pas cette ambition-là", juge notre éditorialiste Christophe Barbier. 

"Certes, la société se fracture et les différences entre les classes s’accentuent. Mais ce n’est pas en mélangeant des jeunes d’horizons différents pendant un mois dans un internat que l’on va favoriser la cohésion sociale", plaide pour sa part le rapporteur du budget de la Défense, le député Les Républicains François Cornut-Gentille, interrogé par Le Parisien.

Inquiétude

Ce "service" d'un mois serait le seul à caractère obligatoire, l'engagement par le service civique ou la réserve demeurant fondés sur le volontariat. Le rapport recommande également qu'un "enseignement de défense" soit dispensé dans les collèges et lycées.

Le Service national universel, dont le coût est estimé entre 2,4 et 3,1 milliards d'euros par an, suscite l'inquiétude de militaires déjà très sollicités et à cours de moyens. L'exécutif a cependant assuré que le coup de ce dispositif ne sera pas prélevé sur le budget de la Défense. Le problème des infrastructures et de l'encadrement nécessaires pour accueillir 800.000 jeunes chaque année reste pour sa part entier. 
Louis Nadau