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Selon Benoît Hamon, "les électeurs de gauche ont eu le sentiment d'avoir été abandonnés"

Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, était l'invité d'Apolline de Malherbe ce lundi. Il a reproché à François Hollande le bilan social de son quinquennat et a appelé la gauche à prendre un nouveau virage sur la question du travail.

Benoît Hamon, ancien ministre de l'Education nationale du gouvernement de Manuel Valls et candidat à la primaire de la gauche, a répondu aux questions d'Apolline de Malherbe ce lundi matin. Il a tenu à se distinguer de ses concurrents via son positionnement social. Ainsi, il a fustigé l'option libérale adoptée par François Hollande à l'Elysée: 

"Sur le dernier quinquennat on pourra reprocher à François Hollande d'avoir mis en œuvre une politique qui n'était pas celle pour laquelle il avait été élu même si, c'est vrai, il avait assumé vouloir assainir les comptes publics. Mais au bout du compte les sacrifices exigés des Français, tant en terme de recul du service public, que de dégradation du travail, des conditions de travail de plus en plus difficiles, un travail qui s'est fait de plus en plus rare, tout cela s'est payé au prix fort. Les Français ont eu le sentiment légitime et notamment les électeurs de gauche d'avoir été abandonnés."

Benoît Hamon veut abroger la loi Travail et rendre automatique le versement du RSA

Mais, selon Benoît Hamon, le problème est plus ancien et plus large. Il estime en effet que: "La question du travail a été trop longtemps délaissée. En France, on a trois catégories: ceux qui sont heureux au travail, ceux qui n'ont pas de travail et aimeraient en avoir un, ceux qui en ont un, sont contents de l'avoir mais n'y sont pas heureux, d'où l'explosion des burn-outs et des pathologies psychiques." Ces deux dernières franges de la population conduisent Benoît Hamon à promettre l'abrogation de la loi Travail s'il était élu. Il développe: "On a une organisation du travail qui parfois maltraite les gens. Un salarié du travail heureux est plus productif. Certains pays l'ont compris sans que Benoît Hamon le dise."

Le responsable socialiste synthétise l'alternative présentée aux électeurs de la primaire à travers cette question: "Voulons-nous une société bienveillante, c'est mon choix, ou une société qui continuer à accepter qu'il y ait beaucoup de chômeurs et que dans le travail, il y ait beaucoup de gens surmenés?"

Parmi les mesures qu'il prône pour apaiser le climat social figurent l'établissement d'un revenu universel de 600 euros à partir de 18 ans et l'automatisation du RSA pour les personnes concernées. 

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Benoît Hamon

Robin Verner