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Benoît Hamon dénonce "l'arrogance" de François Hollande

Invité de BFM Politique ce dimanche, Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, a estimé que François Hollande devait dire "sa part de de vérité" aux Français. L'ancien ministre a également dénoncé "l'arrogance" du pouvoir politique à ne pas vouloir reconnaître ses erreurs.

Il a été l'un de ses ministres, il est aujourd'hui l'un de ses adversaires dans son propre camps. Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste, était ce dimanche l'invité de BFM Politique. L'occasion, pour le député des Yvelines, de réagir à la faible popularité de François Hollande auprès des électeurs de gauche.

"C'est le prix du déni politique qui n'a cessé depuis plusieurs années de désorienter les électeurs de gauche qui avaient fait confiance à François Hollande", a-t-il assuré, évoquant son "désarroi" et sa "déception" à l'égard du président. L'ancien ministre a également déclaré qu'il constatait un "affaissement de l'exécutif" depuis la publication du livre de confidences des François Hollande.

"Quand on est impopulaire, on pense que c'est parce que les gens ont mal compris. Il y a aussi l'hypothèse que les gens ont parfaitement compris (…). Je n'aime pas cette forme d'arrogance qui est celle du pouvoir politique à ne reconnaître qu'une faute de communication. Ce serait parce que le gouvernement a mal communiqué qu'il est impopulaire. Non, c'est parce qu'il a mal agi, ou en tout cas parce qu'il n’a pas tenu les engagements qui étaient les siens (…). On n'attendait pas des miracles de François Hollande, on n'attendait pas que le chômage baisse du jour au lendemain (…). On attendait à sortir de cette France fracturée de Nicolas Sarkozy qui opposait les uns aux autres et que ça s'améliore petit à petit sur les questions sociales."

"Il faudrait qu'il dise sa part de de vérité"

Pourtant, le conseiller régional d'Île-de-France estime que François Hollande "peut" et "devrait" être candidat à sa propre succession.

"Quand on vit l'épreuve de l'impopularité", le président "a envie de s'expliquer". "Il faudrait qu'il dise sa part de vérité devant les Français."

Mais selon Benoît Hamon, la bataille présidentielle dans laquelle le président pourrait se lancer semble difficile.

"François Hollande est bien seul, bien isolé au point même que son Premier ministre prenne ses distances".

Au sujet de Manuel Valls, le candidat à la primaire de gauche a par ailleurs estimé que ce dernier a "créé la rupture, rompu avec sa famille politique sur les valeurs". "Il fait le contraire de ce qu'il a dit depuis plusieurs années", a ajouté Benoît Hamon.

L'ancien ministre de l'Éducation nationale a évoqué sa candidature à la primaire de la gauche, qui se tiendra en janvier 2017. "Je ne vais pas prétendre être le mieux placé", a-t-il affirmé sur BFMTV. Interrogé sur les nombreuses candidatures à gauche, Benoît Hamon a assuré que "être en désaccord avec François Hollande ne fait pas un projet politique".

"Me rallier à celui ou celle qui sera le mieux placé"

"La gauche aujourd'hui bouillonne d'idées, d'innovations possibles mais nous avons besoin de débattre de cela avec les Français. Décréter le rassemblement avant que les idées aient été débattues, ça aurait été prématuré. Ce qui ne veut pas dire que je ne crois pas au rassemblement de la gauche. L'engagement que je prends c'est de me rallier à celui ou celle qui sera le mieux placé d'entre nous si jamais je ne suis pas celui-là."

Benoît Hamon a par ailleurs expliqué qu'il ne croyait pas en la logique de l'homme providentiel.

"Le génie ne se concentre pas en un seul homme. Et un seul homme ou une seule femme ne peut pas être la solution aux problèmes des Français. Je ne veux pas singer le président de la République. L'intelligence collective démontre, sur le terrain, qu'elle a bien plus de résultats que les solutions d'un homme seul."

dossier :

Benoît Hamon

Céline Hussonnois-Alaya