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Sarnez citée dans une enquête: un retweet de Bayrou énerve à droite et inquiète des magistrats

François Bayrou le 15 mai 2014 à Paris

François Bayrou le 15 mai 2014 à Paris - -

François Bayrou a relayé sur les réseaux sociaux un communiqué de Marielle de Sarnez, impliquée dans une enquête préliminaire sur des collaborateurs parlementaires au Parlement européen. Cette initiative du Garde des Sceaux a été mal perçue par le député "LR" Georges Fenech et par un syndicat de magistrats.

Marielle de Sarnez fait partie de 19 eurodéputés français impliqués dans une enquête préliminaire diligentée après que l'élue frontiste Sophie Montel les a dénoncés, les accusant d'avoir pour assistants parlementaires des individus ayant par ailleurs des responsabilités dans leurs formations politiques. Dans la nuit de mardi, la ministre chargée des Affaires européennes a publié un communiqué sur Twitter, assurant que le contrat de travail de son assistante parlementaire avait été "validé et approuvé" en son temps par le Parlement européen. Le ministre de la Justice, François Bayrou, dont elle est proche, a relayé ce texte sur le même réseau social. 

Ce geste du Garde des Sceaux n'a pas plu à certains magistrats, comme le souligne Le Parisien. La branche du syndicat "FO Magistrats" s'est interrogé: "Comment interpréter le fait que le Garde des Sceaux, qui s’est abstenu de tout commentaire dans l’affaire Ferrand au nom de l’indépendance de la Justice, tweete en faveur d’une collègue ministre alors qu’elle est sur le point de lancer une procédure judiciaire ?" Marielle de Sarnez a en effet annoncé porter plainte pour dénonciation calomnieuse à l'égard de Sophie Montel.

Georges Fenech en appelle à Emmanuel Macron 

Le député "Les Républicains" élu dans le Rhône et secrétaire national à la Justice de son mouvement politique, Georges Fenech, est lui aussi monté au créneau en publiant un communiqué, auquel BFMTV a eu accès, ce mardi. Après avoir repris l'argument avancé par les magistrats de FO, Georges Fenech a poursuivi: "Comment ne pas y voir une forme de pression sur l’institution judiciaire? (...) Cette atteinte grave à l’indépendance de l’autorité judiciaire ne peut rester sans réponse." Il en a appelé au président de la République:

"La mission constitutionnelle du Président Emmanuel Macron lui impose de sortir de son silence et d’apporter toutes les garanties sur le respect de la procédure, en y associant le Conseil Supérieur de la Magistrature. Je demande au Président Macron d’assurer sans délai aux Français que les enquêtes en cours visant tous les membres du gouvernement se dérouleront dans le strict respect du code de procédure pénale, sans pression directe ou indirecte du pouvoir."

Le cabinet de François Bayrou a précisé auprès du Parisien qu'il s'agissait "du compte personnel" de François Bayrou, et a relevé qu'il n'y avait là "aucune critique concernant la Justice". 

Robin Verner