BFMTV

Sarkozy sur Juppé: "Si j'avais dit la même chose, j'aurais été sifflé aussi"

Nicolas Sarkozy lors du meeting à Bordeaux samedi, au cours duquel des militants ont hué Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy lors du meeting à Bordeaux samedi, au cours duquel des militants ont hué Alain Juppé. - Jean-Pierre Muller - AFP

En meeting à Boulogne mardi soir, puis dans un entretien au Figaro mercredi, Nicolas Sarkozy a évoqué une nouvelle fois l'affaire des sifflets adressés à Alain Juppé lors de son meeting à Bordeaux samedi. L'ancien chef de l'Etat joue "l'apaisement".

Nicolas Sarkozy, en meeting à Boulogne, dans les Hauts-de-Seine, a tenu à revenir sur l'affaire des sifflets et huées reçues par Alain Juppé samedi à Bordeaux, lorsqu'il a ouvert son meeting.L'ancien chef de l'Etat a aussi évoqué l'ancien Premier ministre dans son entretien accordé au Figaro. Et si en public les deux hommes jouent l'apaisement, en coulisses les rancoeurs existent. 

"Croyez-vous que cela soit si aisé d'interrompre une salle de 5.000 personnes qui manifestent leurs désaccords sincères et spontanés avec l'orateur?", s'est interrogé l'ancien président de la République dans les colonnes du Figaro mercredi. 

"Je ne veux la bagarre avec personne dans ma famille politique", avait aussi lancé Nicolas Sarkozy devant les militants UMP réunis à Boulogne. "On a fait toute une histoire, parce que les adhérents ont sifflé. J'ai été sifflé dans ma famille politique (...) mais je n'ai pas quitté ma famille politique", a-t-il ajouté, en faisant allusion à sa traversée du désert après l'élection de Jacques Chirac en 1995. "Au niveau national, j'aurai besoin d'Alain Juppé, de Bruno Le Maire et de François Fillon", a-t-il poursuivi.

Juppé ne décolère pas... en privé

Pour autant, en public, Nicolas Sarkozy partage l'analyse d'Alain Juppé. "Ce n'est pas lui qui a été sifflé", mais l'idée d'une alliance avec François Bayrou le président du MoDem, coupable d'avoir fait battre le candidat UMP en 2012, explique-t-il au quotidien.

"Si j'avais dit la même chose, j'aurais été sifflé aussi", assure Nicolas Sarkozy. Et à ceux qui voient "une guerre des chefs" se profiler à l'UMP, "ils ont tort", réplique le candidat à la présidence de l'UMP.

Pourtant, si en public Alain Juppé a calmé le jeu en privé il ne décolère pas. Selon Le Canard enchaîné, le maire de Bordeaux pense bien être tombé dans un "traquenard". "C'était donc pour me piéger que Sarkozy tenait absolument à ce que je vienne à son meeting. S'il veut la guerre, il l'aura", a-t-il confié à ses proches, jugeant que l'UMP devenait "une secte, avec un gourou à sa tête".

"Je n'ai pas à condamner", dit Estrosi

L'affaire des sifflets a profondément divisé les responsables de l'UMP. Si certains, comme Hervé Mariton, ont déploré un incident "grave", d'autres, comme Nadine Morano, n'ont pas trouvé l'événement choquant.

"Je n'ai pas à condamner", a même dit Christian Estrosi mardi. "Je dirais que notre responsabilité à chacun est d'appeler au rassemblement, éviter autant que faire se peut qu'il y ait des sifflets, et ne pas les provoquer". "J'apprécie beaucoup Alain Juppé mais j'étais présent à Bordeaux et lorsqu'Alain Juppé montre du doigt, avec des propos assez agressifs à l'égard d'un auditoire qui est pourtant le sien, qui a voté pour lui en tant que maire de Bordeaux, qui lui reconnaît plein de qualités, cet auditoire, il est complètement déstabilisé", a analysé le député-maire de Nice.

L'ancien Premier ministre a reçu samedi des huées de la part des militants sarkozystes pour avoir défendu "le rassemblement de la droite et du centre" et évoqué "une primaire ouverte" en vue de la présidentielle de 2017. Mais le maire de Bordeaux a relativisé lundi: "les campagnes électorales finissent toujours dans l'effervescence et l'énervement (…) Il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Pour ma part, j'ai vu pire. Restons sereins".

A. K.