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Juppé sifflé: "il n'y aucune raison d'y voir un traquenard" du camp Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors du fameux meeting de Bordeaux, samedi 22 novembre

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors du fameux meeting de Bordeaux, samedi 22 novembre - Medhi Fedouach - AFP

Alain Juppé a calmé le jeu lundi après les huées qu'il a essuyées samedi à Bordeaux au meeting de son rival Nicolas Sarkozy, estimant qu'il a "vu pire", mais le maire de la ville a aussi réclamé des "clarifications" à la future direction de l'UMP sur une alliance avec le centre.

Alain Juppé le jure: "il a le cuir dur". Deux jours après avoir été sifflé dans sa ville par des militants UMP favorables à Nicolas Sarkozy, le maire de Bordeaux a assuré en "avoir vu déjà beaucoup dans sa carrière politique". Selon le candidat à la primaire UMP en vue de la présidentielle de 2017, "il n'y aucune raison d'y voir un traquenard" de la part du camp de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, "si c'était le cas, je ne suis pas sûr que le coup profite à ceux qui l'auraient monté", a-t-il précisé, dans un sourire, lors d'une conférence de presse. 

"Ce n'est pas la première fois que l'évocation des centristes entraîne des sifflets", a poursuivi Alain Juppé.

Pour l'ancien Premier ministre, deux points ont conduit aux "réactions hostiles d'une partie de l'assistance". D'abord, le public a réagi vertement quand Alain Juppé a "évoqué une union nécessaire de la droite et du centre pour répondre à l'échec de la politique menée par la majorité depuis deux ans". Premier président de l'UMP, il a rappelé que le parti avait été fondé au début des années 2000 pour "allier les familles de la droite". "Toute autre stratégie serait suicidaire et ouvrirait la voie au Front national", a-t-il prévenu. Ensuite, le maire de Bordeaux estime avoir été sifflé, une seconde fois, à l'évocation de la primaire de 2017 qu'il souhaite la plus ouverte possible.

La primaire? "Nous verrons les décisions de la future direction de l'UMP"

Une analyse partagée par les proches soutiens de Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas Alain Juppé qui a été sifflé mais l'idée des primaires, et l'idée d'un rapprochement avec le centre", a ainsi assuré Nadine Morano sur BFMTV. C'est aussi le rapprochement fait par les militants sarkozystes entre centre et François Bayrou, détesté depuis son soutien à François Hollande en 2012, et accusé d'avoir coûté les voix manquantes pour la réélection de l'ancien chef de l'Etat.

"Là encore une clarification est nécessaire: qui pourra voter et selon quelles modalités? Le nouveau président de l'UMP devra dire ses intentions. Nous apprécierons alors si ses propositions sont acceptables ou pas", a avancé Alain Juppé. La future direction de l'UMP devrait échoir le week-end prochain à Nicolas Sarkozy qui, s'il a validé l'idée d'une primaire, n'y accole jamais le terme "ouverte".

Alain Juppé n'enterre pas la hache de guerre

Pour autant, derrière les postures, Alain Juppé n'enterre pas la hache de guerre. "Vous me connaissez je ne me laisse pas impressionner par les mouvements de foule", a-t-il répété en écho à Nicolas Sarkozy, suspecté d'avoir cédé sous la pression du mouvement Sens Commun à propos du mariage pour tous. 

En amont, les premières banderilles d'une grande bataille à droite avaient été lancées par les proches du maire de Bordeaux. Gilles Boyer, un fidèle d'Alain Juppé, a parlé du meeting de samedi à Bordeaux comme d'une "journée fondatrice. (...) C'est toujours risqué de renforcer la détermination d'un rival". Alain Juppé n'a pas démenti.

Samuel Auffray