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Nadine Morano n'a "pas été choquée par les sifflets contre Alain Juppé"

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Nadine Morano, députée UMP européenne, était l'invité de BFMTV-RMC, lundi matin. L'occasion pour elle de réaffirmer son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP, et de revenir sur le meeting de Bordeaux, où Alain Juppé a été copieusement sifflé sous les yeux de son rival.

Dernière ligne droite à l'UMP. Samedi, les militants votent pour élire le nouveau président du parti, une course qui oppose Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Une course qui devrait voir élu Nicolas Sarkozy, "haut la main", selon les mots de Nadine Morano, députée européenne et soutien de la première heure de l'ancien président.

> L'annonce: Sarkozy sera élu "haut la main" à la présidence de l'UMP

"Pour l'instant, nous sommes dans la reconstruction de notre famille politique et je pense, sans trahir un secret, que Nicolas Sarkozy devrait être réélu haut la main à la fin de la semaine", a-t-elle affirmé lundi matin sur BFMTV.

Une adhésion à l'homme, et à son projet, même si l'idée de Nicolas Sarkozy de changer le nom de l'UMP n'avait pas convaincu Nadine Morano au début. "L'affaire Bygmalion a laissé des traces et le changement de nom est aujourd'hui nécessaire", reconnaît-elle désormais.

> Morano et le "foutoir" des primaires

Outre le changement de nom de l'UMP, c'est désormais la question des primaires à l'UMP pour la présidentielle de 2017 qui fait débat. Si Nicolas Sarkozy a assuré qu'elles seraient maintenues, beaucoup au sein de la formation politique n'y voient pas grand intérêt. A commencer par Nadine Morano, qui juge sévèrement ce scrutin. "Je n'ai jamais été favorable à la question des primaires à droite. C'est un exercice inutile qui nous a amené le pire président de la République, à savoir François Hollande", a-t-elle martelé sur BFMTV. Et de prendre la primaire socialiste de 2011 en exemple. "Je pense que ça apporte un peu le foutoir (au sein d'une famille politique). Il n'y a qu'à voir comment les socialistes jugeaient François Hollande, ils avaient le sentiment qu'il n'avait pas les qualités pour être président", a-t-elle estimé. "Cet exercice ne garantit pas qu'on aura le candidat qui nous permettra d'obtenir la victoire" en 2017, a-t-elle conclu, appelant de ses voeux à une consultation des militants UMP sur le sujet. "On verra s'il y a une primaire pour 2017. J'espère que les militants seront consultés."

> "Nicolas Sarkozy a beaucoup d'estime pour Alain Juppé"

Puis, interrogée sur les sifflets qui ont visé Alain Juppé lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux, samedi, Nadine Morano a jugé qu'il y avait une méprise. "Non ça ne m'a pas choquée. Ce n'est pas Juppé qui a été sifflé mais l'idée des primaires, et l'idée d'un rapprochement avec le centre", a-t-elle estimé.

Quand à la rivalité entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour 2017, Nadine Morano a convenu qu'il existait "une compétition naturelle entre les deux hommes". "Evidemment que je suis du côté de Nicolas Sarkozy, mais j'ai aussi beaucoup d'estime pour Alain Juppé. Et Nicolas Sarkozy aussi", a-t-elle souligné.

> Abroger la loi Taubira sur le mariage homosexuel? "Pas une priorité"

Dans la "compétition naturelle" qui oppose Alain Juppé à Nicolas Sarkozy se trouve un dossier, délicat à droite: celui du mariage homosexuel. Alors que le premier a assuré qu'il ne reviendrait pas sur la loi, le second s'est au contraire engagé à abroger la loi Taubira, lors d'un meeting devant le mouvement Sens commun, proche de la Manif pour tous. Un sujet qui dérange un peu Nadine Morano. "Pourquoi reparler de ce débat? Nous consulterons les militants sur les priorités (sur lesquelles l'UMP devra avancer) et je n pense pas que la priorité soit l'abrogation de la loi Taubira", a-t-elle jugé, balayant ainsi les interrogations sur la fracture sensible au sein de l'UMP sur ce dossier.

> Le tacle: Valérie Trierweiler et François Hollande "déshonorent la France"

Enfin, Nadine Morano s'est insurgée contre le livre Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler, ancienne première dame, qu'elle accuse de vouloir "faire du fric sur son histoire personnelle". "Valérie Trierweiler déshonore la France. C'est une femme qui a été humiliée à la surface de la planète, mais elle est dans la vengeance", a déploré Nadine Morano, tout en se gaussant des déboires privés de François Hollande. "Le président a droit à une vie privée, oui, mais on a l'impression que sa vie privée est aussi médiocre que la vie publique qu'il nous présente", a-t-elle lancé, jugeant que François Hollande aussi "déshonore la France". "Oui, c'est un président qui n'est pas présent sur la scène internationale, qui montre une absence de leadership et que dans sa vie privée, c'est encore pire!"

S. C.