BFMTV

RN: après la saisie de ses aides publiques, le parti dit avoir obtenu environ "500.000 euros" de dons

Sébastien Chenu (ici en 2017), porte-parole et député RN, a dénoncé jeudi les décisions de justice concernant son parti ayant abouties à la saisie de deux millions d'euros d'aide publique

Sébastien Chenu (ici en 2017), porte-parole et député RN, a dénoncé jeudi les décisions de justice concernant son parti ayant abouties à la saisie de deux millions d'euros d'aide publique - DENIS CHARLET / AFP

Après la saisie de fonds ordonnée en juin, le RN risque la cessation de paiement. Le parti est accusé d'avoir utilisé des emplois fictifs au Parlement européen pour détourner de l'argent public.

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national (ex-FN), a estimé jeudi que son parti, confronté à une saisie de 2 millions d'euros d'aide publique dans le cadre d'une affaire d'assistants présumés fictifs d'eurodéputés, a obtenu environ "500.000 euros" de dons, mais "le compte n'y est pas".

"On est, je pense, à un peu plus de 500.000 euros", a déclaré le député du Nord sur franceinfo. La campagne d'appel aux dons du RN avait été lancée le 8 juillet. Les juges financiers parisiens ont ordonné fin juin la saisie de 2 millions d'euros. Le parti, qui risque la cessation de paiement, a fait appel de cette décision. Une audience doit avoir lieu lundi devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris.

Dans leur ordonnance, dont l'Agence France Presse a obtenu une copie, les juges Renaud Van Ruymbeke et Claire Thépaut évoquent l'endettement du parti comme motif de la saisie. Ils craignent que la subvention ne serve qu'à rembourser des emprunts, et soit indisponible pour recouvrer d'éventuels dommages.

"Système de détournement de fonds européens"

Les deux juges estiment avoir "réuni de nombreux indices" montrant que le Rassemblement National (à l'époque toujours FN), "de manière concertée et délibérée, a organisé le système de détournement de (...) fonds européens à son profit".

"Deux juges archi-politisés", a dénoncé Sébastien Chenu, les accusant de mener "une guerre tout à fait personnelle et politique contre le Rassemblement national". Il a également taclé François Bayrou, président du MoDem, qui a selon lui "exactement la même problématique" à propos "des assistants parlementaires européens". Il fustige le fait qu'il n'y ait "toujours pas de juge désigné pour instruire cette affaire-là" estimant qu'il "y a deux poids deux mesures".

"Nous combattons cette Union européenne et nous continuerons, (...) ça ne nous fera pas plier", a-t-il conclu.

L.D., avec AFP