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Réforme des retraites: l'exécutif pressé par la majorité de sortir de l'impasse

Edouard Philippe.

Edouard Philippe. - Thomas Samson - AFP

Plusieurs députés de la majorité montrent des signes d'impatience quant à la réforme des retraites, qui a engendré une grève ininterrompue depuis le 5 décembre.

34 jours de grève contre la réforme des retraites, et pour l'heure, aucune sortie de crise à l'horizon. Sur RTL ce mardi, Édouard Philippe a bien admis n'être "fermé sur aucune modalité" concernant l'âge pivot, qui cristallise les tensions, mais cela suffira-t-il à freiner les signes d'agacement qui pointent au sein de la majorité?

Alors qu'une nouvelle manifestation à l'appel notamment de la CGT et de Force ouvrière doit se tenir jeudi, la patience jusque-là affichée par la majorité présidentielle semble par endroits quelque peu s'émousser.

Rendre "cette réforme acceptable"

Samedi sur France Info, le député La République en marche (LaREM) de l'Hérault Patrick Vignal se désolait:

"Nous avons été très mauvais en matière de communication, on n'a pas su vendre cette réforme", déplorait-il, mettant en garde le gouvernement: "On ne peut pas avoir raison contre tout le monde."

Le lendemain, c'est dans le Journal du Dimanche qu'une nouvelle salve était lancée: 22 députés de la majorité y adressaient une lettre ouverte au Premier ministre, pour "trouver des solutions rendant cette réforme acceptable par le plus grand nombre". Des élus pour la plupart proches de la tendance sociale-démocrate, dont certains, avant Noël, affichaient déjà des réticences sur l'âge pivot, entre autres.

"Trouver une sortie de crise"

Signataire de la lettre ouverte, la députée LaREM des Alpes-de-Haute-Provence Delphine Bagarry enfonce le clou dans Le Monde. "Il ne faut pas passer en force. S'il veut réussir, Édouard Philippe n'a pas le choix: il doit tendre la main aux syndicats réformistes." Une opinion partagée par son homologue du Vaucluse Jean-François Cesarini, qui professe qu'"il va falloir que le Premier ministre mette de l'eau dans son vin" s'il veut "trouver une sortie de crise".

"Que la CFDT et LaREM se retrouvent face à face alors qu'ils sont les plus favorables au projet, c'est absurde", abonde un député de la majorité dans L'Express, sous couvert d'anonymat. "Ça tangue" dans le groupe LaREM du Palais-Bourbon, admet un autre dans Le Figaro.

Au point d'engendrer de véritables "frondeurs" de la politique d'Emmanuel Macron? "Personne ne pensait que ce serait un chemin de roses", euphémisait en décembre la députée de Paris Anne-Christine Lang auprès de BFMTV.com. Remous ou pas, le projet de réforme des retraites sera examiné à l'Assemblée à partir du 17 février.

Clarisse Martin