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Quand Simone Veil et son mari vont-ils entrer au Panthéon?

Le Panthéon, dans le 5e arrondissement de Paris. (photo d'illustration)

Le Panthéon, dans le 5e arrondissement de Paris. (photo d'illustration) - Loïc Venance - AFP

Simone Veil et son époux feront prochainement leur entrée au Panthéon. L'annonce a été faite ce mercredi matin par le chef de l'Etat, qui présidait l'hommage national rendu à l'ancienne ministre aux Invalides. Le point sur le protocole désormais enclenché.

Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi matin, lors de l'hommage national rendu aux Invalides à l'ancienne ministre de la Santé, l'entrée prochaine au Panthéon de Simone Veil, ainsi que de son époux, Antoine Veil. Une décision prise en accord avec la famille de la survivante de la Shoah, et qui répond à une forte demande populaire. Plusieurs voix s'étaient élevées ces derniers jours pour réclamer cette panthéonisation.

L'entrée du couple Veil au sein de ce mausolée honorifique, où il rejoindra 75 personnalités déjà inhumées sur place, suivra donc celles de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay, panthéonisés le 27 mai 2015. Dès lors, quels sont le calendrier et le protocole à venir pour cette nouvelle entrée au Panthéon? Explications. 

A qui revient la décision de faire entrer quelqu'un au Panthéon?

Aujourd'hui, cette décision appartient au président de la République et lui seul, et ce depuis le début de la Ve République. Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac ou encore François Hollande ont ainsi marqué leurs mandats par des panthéonisations.

Mais plus loin dans l'histoire, plusieurs systèmes ont été expérimentés. Au moment de la création du concept de Panthéon, en 1791, qui correspond au moment où ce bâtiment à l'origine ecclésiastique est transformé en mausolée, c'est l'Assemblée constituante qui décide des personnalités inhumées, avant de passer le relais en 1794 à la Convention. Sous le Premier Empire, cette mission était réservée à Napoléon 1er. Sous les IIIe et IVe République, la décision revient à nouveau aux députés.

Le chef de l'Etat ne décide bien évidemment pas seul de l'entrée au Panthéon de telle ou telle personnalité. Il doit consulter la famille du défunt, qui est libre de refuser cette démarche. Ainsi, en 2009, alors que Nicolas Sarkozy propose de faire entrer Albert Camus au sein de la nécropole nationale, la famille de l'écrivain s'y oppose. Le projet restera donc lettre morte. Le général de Gaulle, lui, avait fait savoir de son vivant qu'il ne souhaitait pas intégrer le Panthéon à sa mort. 

Un décret et des mois de préparation

Concrètement, lorsque le président de la République décide d'une panthéonisation, et que la famille du défunt valide ce choix, il doit signer un décret pour autoriser le transfert du corps ou des cendres de la personnalité à qui l'hommage est rendu. Ainsi, pour les entrées de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay, annoncées le 21 février 2014, François Hollande avait signé un décret présidentiel en ce sens le 7 janvier 2015.

Ensuite, comme l'explique Le Monde, au moins deux mois de préparatifs sont nécessaires pour l'organisation de l'événement, qui suit un protocole bien établi et consiste en une cérémonie très millimétrée. Généralement, le cercueil est porté en cortège. Celui-ci remonte la rue Soufflot jusqu'au parvis du temple national, où des musiques sont jouées et où le président de la République prononce un discours, suivi parfois d'autres interventions.

On se souvient notamment de l'oraison funèbre prononcé par l'écrivain André Malraux, alors ministre de la Culture, lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin, en 1964, et de son fameux: "Entre ici Jean Moulin, avec ton terrible cortège". Puis vient le moment de l'entrée solennelle du corps au Panthéon.

Dans le cas de Simone Veil et de son époux, le décret présidentiel n'a pas encore été signé par Emmanuel Macron. Autrement dit, la cérémonie de panthéonisation ne devrait pas se tenir avant la fin de l'année.