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Le Panthéon, sanctuaire des grands hommes depuis la Révolution

"Aux grands hommes la Patrie reconnaissante" peut-on lire sur le fronton du Panthéon à Paris.

"Aux grands hommes la Patrie reconnaissante" peut-on lire sur le fronton du Panthéon à Paris. - Loïc Venance - AFP

Mercredi, le Panthéon accueillera quatre nouvelles personnalités. Le bâtiment, demeure des grands hommes marque l’histoire de la France depuis la Révolution.

Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay entreront mercredi au Panthéon. Ces quatre résistants rejoindront des personnalités comme Victor Hugo, Jean-Jacques Rousseau, Pierre et Marie Curie ou Jean Moulin.

Le Panthéon, situé dans le 5e arrondissement de Paris était à l’origine une église construite au 18e siècle. Mais à la Révolution, les révolutionnaires récupérèrent le bâtiment tout juste achevé et décident en 1791 de transformer l’église Sainte-Geneviève en "Panthéon des grands hommes". L’Assemblée constituante veut alors créer une nécropole pour rassembler les hommes illustres au service du pays. A ce titre, Mirabeau est le premier à y être inhumé.

Deux millions de personnes lors des funérailles de Victor Hugo

Dans la période post-révolutionnaire, le caractère laïc du Panthéon est régulièrement remis en cause. Mais en 1885, la nécropole reprend définitivement sa fonction de panthéon à l’occasion des funérailles de Victor Hugo. La troisième République rend alors hommage à l'un de ses plus grands écrivains, également homme politique.

Devant le Panthéon une foule de deux millions de personnes se serait rassemblée. Sur le fronton du Panthéon est au même moment réinstallée l’inscription "Aux grands hommes la Patrie reconnaissante" qui avait été enlevé sous la Restauration. L'inscription trône toujours aujourd'hui sur le bâtiment en restauration depuis 2013.

Un discours célèbre pour l'entrée de Jean Moulin

Actuellement, 75 personnalités sont honorées au Panthéon dont la plupart sont aujourd’hui oubliés du grand public. Au cours de l’Histoire des transferts ont créé la polémique comme l’entrée d’Emile Zola. La droite nationaliste fustigeait alors l’engagement de l’auteur de "J’accuse" dans l’affaire Dreyfus.

Certaines cérémonies au Panthéon ont au contraire fait l’unanimité et créé l’émotion. En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées dans la nécropole. André Malraux alors ministre de la Culture prononce un discours incarné et rend hommage au résistant mort, sous la torture. "Entre ici Jean Moulin, avec ton terrible cortège", scande le ministre de la culture, qui, quelques années plus tard rejoindra à son tour les cryptes du monument.

Depuis 2002 et le transfert des cendres d’Alexandre Dumas, la République n’avait plus panthéonisé aucune personnalité. Soixante-dix ans après la Libération, quatre résistants rejoindront à leur tour mercredi les grands hommes, dans ce lieu sanctuarisé par la République. Seules les cendres de Pierre Brossolette et Jean Zay seront effectivement transférées.

Carole Blanchard