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PS: Najat Vallaud-Belkacem bientôt candidate?

Najat Vallaud-Belkacem, s'exprime lors d'un meeting électoral à Villeurbanne, le 22 mai 2017

Najat Vallaud-Belkacem, s'exprime lors d'un meeting électoral à Villeurbanne, le 22 mai 2017 - PHILIPPE DESMAZES, AFP/Archives

Silencieuse depuis la débâcle électorale du PS et sa propre défaite aux législatives, l'ancienne ministre de l'Education nationale est poussée par nombre de responsables du PS à prendre la tête du parti.

Elle veut "faire vivre" la social-démocratie. A moins de quatre mois d'un congrès où nombre de socialistes espèrent la voir jouer le premier rôle, Najat Vallaud-Belkacem sort du silence en appelant ses camarades à prendre acte de la fin d'une "ère". "Les commentateurs proclament morte (la social-démocratie) ? Je veux la faire vivre", écrit Najat Vallaud-Belkacem, dans une tribune à paraître dans le Nouveau Magazine Littéraire le 18 décembre.

Si les socialistes "embourgeoisés", "endormis", ont "perdu" la bataille des idées, il reste qu'on "a besoin, en France comme ailleurs, d'une autre voie" que celles que proposent le "bloc libéral", la "droite xénophobe, nationaliste, autoritaire" et la "gauche populiste", affirme-t-elle.

La tâche sera certes "difficile", mais l'exemple du Portugal montre "qu'une plateforme des gauches dont les socialistes sont le pivot n'est nullement condamnée par l'histoire", veut croire celle qui a été battue en juin aux élections législatives par un candidat En Marche.

Faut-il voir dans le texte publié par Mme Vallaud-Belkacem un pas vers une candidature? "A ma connaissance elle n'a rien décidé", affirme un de ses proches, François Pirola. "Une grande partie de la réflexion est collective. L'agenda n'est pas le sien, cela bouscule le temps de réflexion qu'elle s'était donné", confie-t-il.

Les deux conditions de Vallaud-Belkacem

Pour Najat Vallaud-Belkacem, c'est une "ère idéologique et culturelle de près de cinquante ans" qui s'achève.

"On tourne la page de trois générations d'acteurs politiques. Si nous voulons donner une chance à la refondation en profondeur de la social-démocratie (...) ne nous laissons pas enfermer dans le confessionnal beaucoup trop étroit du quinquennat de François Hollande", intime-t-elle.

La publication de ce court texte intervient alors que l'ancienne ministre de l'Education, restée silencieuse depuis la débâcle électorale du PS et sa propre défaite, est poussée par nombre de responsables du PS à prendre la tête du parti.

Au premier rang de ces soutiens, le petit groupe dit des "quadras", avec qui elle a signé plusieurs textes depuis le mois de mai. S'y côtoient le président du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure, l'ancien ministre de l'Intérieur Mathias Fekl, la maire de Rennes Nathalie Appéré, la présidente de région Carole Delga, le trésorier du PS Jean-François Debat...

Lors d'un dîner mi-novembre, Najat Vallaud-Belkacem aurait posé ses conditions à ce cercle restreint: obtenir la tête de liste lors des prochaines élections européennes prévues en 2019, ainsi que le poste de premier secrétaire devienne rémunéré et non plus bénévole.

L'appui de Hollande?

Si certains pensent que Stéphane Le Foll pourrait lui aussi endosser l'habit, d'autres jugent qu'il est par trop marqué par son compagnonnage avec François Hollande. "On doit avoir du renouvellement. Stéphane Le Foll ne l'incarne pas réellement: il incarnait déjà le parti dans les années 2000", souligne un des "quadras".

Toujours très actif en coulisse, François Hollande ne serait pas hostile à son ancienne ministre, selon un de ses amis. "François Hollande a deux poulains, Stéphane Le Foll et Najat Vallaud-Belkacem. Il va tenter Stéphane Le Foll jusqu'au bout, mais si ça ne marche pas, il poussera Najat Vallaud-Belkacem".

S.A. avec AFP