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Pour VGE, les gilets jaunes "traduisent une insatisfaction qu'on ne doit pas traiter par le mépris"

Valéry Giscard d'Estaing

Valéry Giscard d'Estaing - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'ancien président de la République considère, dans un entretien au Parisien, que la crise des gilets jaunes ne peut pas influer sur le scrutin européen car "c'est une crise interne".

Les élections européennes approchent à grand pas. Et à cette occasion, un grand artisan de l'Europe, l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, s'est exprimé dans les colonnes du Parisien ce vendredi. L'ex-chef d'Etat de 93 ans semble minimiser la portée politique de ce scrutin:

"Les médias dépeignent les élections européennes comme un événement politique de nature à régler un certain nombre de problèmes. Ce n’est malheureusement pas le cas. (...) On s’imagine que l’élection au Parlement européen est un acte politique fondateur. Alors qu’il s’agit d’un organisme dont le seul pouvoir est d’être associé au processus législatif européen et d’exercer un contrôle politique."

Il a également souligné que les partis politiques et les candidats politisent trop ce scrutin, affirmant que "cette élection donne lieu à une agitation inutile! Il faut être clair: il ne s’agit ni d’un référendum, ni d’une élection constituante."

"Une crise interne"

Valéry Giscard d'Estaing est aussi revenu sur la crise des gilets jaunes, déclarant qu'elle ne pouvait pas influer sur le scrutin européen car "c'est une crise interne".

Pour l'ancien président cette crise "traduit une insatisfaction, qui existe, qu’on ne doit pas traiter par le mépris. Les gilets jaunes ont le sentiment d’être victimes d’une injustice individuelle qu’ils voudraient voir corrigée. Cela ne peut se faire que dans le cadre d’un remaniement très large de la dépense publique."

Interrogé par ailleurs sur l'actuel chef de l'Etat, Valéry Giscard d'Estaing déclare ne "porter aucun jugement sur lui". 

Clément Boutin