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Pour Ayrault, l'abandon de l'aéroport de NDDL serait "une faiblesse"

Jean-Marc Ayrault avertit le gouvernement sur Notre-Dame-des-Landes.

Jean-Marc Ayrault avertit le gouvernement sur Notre-Dame-des-Landes. - Stéphane de Sakutin - AFP

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Nantes, défenseur de Notre-Dame-des-Landes, estime que son abandon n'apporterait "aucune solution".

A quelques jours de la décision du gouvernement sur Notre-dame-des-Landes, et le jour même de la visite surprise d'Edouard Philippe aux élus locaux, Jean-Marc Ayrault sort du silence. L'ancien Premier ministre et maire de Nantes, défenseur du projet de nouvel aéroport, met en garde l'exécutif contre son éventuel abandon.

"Cette décision traduirait une faiblesse une impuissance", explique-t-il dans un entretien au Monde. Agrandir l'aéroport de Nantes-Atlantique impliquerait de "tout recommencer à zéro, relancer un débat et une enquête d'utilité publique, avec l'assurance de nouveaux recours (…) Cela veut dire qu'à la fin du mandat d'Emmanuel Macron, aucun coup de pioche n'aura été donné."

A l'inverse, "Notre-Dame-des-Landes est un projet qui est, lui, prêt à démarrer puisque tous les obstacles ont été franchis", souligne l'ex-maire de Nantes.

"Il ne s'agit pas de décider pour dix ans, mais pour 50 ans."

"Renoncer serait un choix opportuniste, tactique. Ce ne serait pas un choix durable, stratégique", avance encore Jean-Marc Ayrault.

"Il ne s'agit pas de décider pour dix ans, mais pour 50 ans." Pourtant, aucun coup de pioche n'a été donné non plus sous le quinquennat Hollande. Mais pour l'ancien Premier ministre, "il est inexact de dire que le dossier n'a pas avancé (…) Tout grand projet nécessite du temps." Et de rappeler que le gouvernement qu'il dirigeait "a été confronté de plus à un contentieux européen, lancé par les opposants au projet". Ce qui aurait selon lui ralenti davantage les progrès du dossier.

Jean-Marc Ayrault admet toutefois avoir "peut-être sous-estimé la radicalisation d'une partie de l'opposition".

Mais pour lui, "on est maintenant à la fin d'un processus. Tout le monde dit qu'il faut décider. Si le gouvernement dit qu'il faut faire Notre-Dame-des-Landes, je pense que, hormis les plus radicaux, une partie des opposants respectera cette décision. Le climat sera différent et plus apaisé".

"On n'est pas au Larzac !"

Quant à la possibilité évoquée par José Bové de s'inspirer du Larzac pour gérer la question de la ZAD en cas d'abandon du projet, elle ne convainc pas Jean-Marc Ayrault, qui estime que les deux situations ne sont pas comparables.

"On n'est pas au Larzac, il ne faut pas inventer des mythes ! Si les habitants de Notre-Dame-des-Landes ont voté très majoritairement contre le projet d'aéroport, ces mêmes personnes disent qu'en tout état de cause les zadistes devront s'en aller".

A. K.