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NDDL: les pro-aéroport inquiets d'un abandon du projet

Alors que le Premier ministre rencontre des élus dès ce vendredi, et dans l'attente de la décision de l'exécutif sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fin janvier, les partisans du projet s'inquiètent de son possible abandon.

Un vaste tour de table commence ce vendredi à Matignon. Dans l'attente de la décision de l'exécutif concernant le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui devrait intervenir fin janvier, le Premier ministre va rencontrer les élus locaux durant plusieurs jours. Maires, présidents d'agglomérations, de conseils départementaux mais aussi dirigeants régionaux vont se succéder dans le bureau d'Edouard Philippe, et ceux de Loire-Atlantique ouvrent le bal. Cette phase de concertation a vocation à nourrir le choix final et à évoquer l'évacuation du site de la ZAD.

Alors que le rapport des trois médiateurs rendu en décembre évoquait l'hypothèse d'un réaménagement de l'aéroport existant, les partisans à celui de Notre-Dame-des-Landes s'inquiètent d'un éventuel abandon du projet.

D'après les informations de RMC, quelle que soit la décision finale, le gouvernement aurait déjà prévu d'évacuer la ZAD. 2.500 militaires et gendarmes seraient mobilisés, afin d'évacuer les partisans du projet qui souhaiteraient en découdre. Quant aux paysans qui refusent de quitter leurs terres, ils pourraient rester sur place, de même que les zadistes devenus agriculteurs.

Dans la commune de Saint-Aignan Grandlieu, limitrophe de l'aéroport actuel de Nantes Atlantique, la plupart des 3.500 habitants sont favorables au déménagement. Ils appréhendent la décision finale. 

Ils appellent à respecter les résultats du référendum

"C'est vraiment un problème s’il ne se fait pas, quand vous voyez l’arrivée à l’aéroport, tout est bouché", souligne l'un d'eux, rencontré par BFMTV. "Il faut absolument le faire, rien que pour nos enfants qui sont sous les avions", avance une autre habitante. Certains renvoient aussi l'exécutif aux résultats de la consultation sur Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique. Plus de 55% des votants avaient répondu favorablement au projet, selon les résultats publiés en juin 2016. 

"Le président s’est engagé à respecter le vote des habitants de Loire-Atlantique, ils doit tenir sa promesse", estime une riveraine. 

Le maire craint une extension de l'aéroport existant

La piste explorée par le rapport des médiateurs, d'une extension de la structure actuelle, serait pour le maire de la commune particulièrement catastrophique, alors que les avions survolent déjà en permanence les administrés. Il craint qu'à terme, la commune disparaisse.

"Notre commune va mourir. Pas demain, bien évidemment, mais dans quinze ans les commerces auront sans doute fermé. Est-on prêts à voir disparaître du paysage de la République française une commune de 4000 habitants?", interroge Jean-Claude Lemasson.

Recours à la force?

Pour Bruno Retailleau, le député LR de Vendée, c'est surtout la question de l'évacuation de la ZAD qui pose problème. Au-delà du débat écologique, il considère que l'ordre public est menacé.

"Moi je pense qu’il faut bien sûr évacuer, sinon ce serait donner raison à des gens qui ont eu recours à cette violence pour s’opposer à un processus démocratique", estime-t-il sur BFMTV. 

Selon un sondage Odoxa Dentsu consulting publié ce vendredi, la moitié de la population partage cet avis: plus d'un Français sur 2 (56%) se dit favorable à un recours à la force pour évacuer les zadistes qui occupent la zone du projet.

C.V. avec Fanny Regnault, Eddie Houdin et Jérémy Muller