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Politique économique: Hollande refuse de polémiquer avec Montebourg

François Hollande a refusé de polémiquer après les propos d'Arnaud Montebourg, qui demande un changement de cap économique.

François Hollande a refusé de polémiquer après les propos d'Arnaud Montebourg, qui demande un changement de cap économique. - Alain Jocard - AFP

Les déclarations d'Arnaud Montebourg, qui a demandé samedi dans une interview publiée dans le Monde un changement de cap économique, ont déjà beaucoup fait réagir. François Hollande refuse de polémiquer, tandis que le Parti de gauche et le FN sont plus critiques.

"Faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits qui nous conduit à l'austérité." Les propos d'Arnaud Montebourg, lors d'un entretien au Monde publié samedi, n'ont pas manqué de faire réagir. La demande de changement de cap du ministre de l'Economie a reçu un écho plutôt favorable à gauche.

Hollande temporise

François Hollande, qui s'exprimait samedi depuis les Comores, a préféré jouer la carte de l'apaisement: "Je souhaite que nous puissions convaincre nos partenaires européens de donner priorité à la croissance", a indiqué le chef de l'Etat, paraissant ne pas vouloir polémiquer avec son ministre. "Tous ceux qui portent cette idée sont les bienvenus et c'est la position de tout le gouvernement", a précisé le président de la République.

Les écolos satisfaits

Depuis Bordeaux où se déroulent les journées d'été d'EELV, Jean-Vincent Placé, chef de file des écologistes au Sénat, a pour sa part salué la prise de position d'Arnaud Montebourg. Selon lui, le message du ministre de l'Economie correspond à "la ligne que (les écologistes portent) depuis le début, (une ligne) de contestation de la politique économique".

Le sénateur en a d'ailleurs profité pour tacler la direction d'Europe Ecologie Les Verts, qui avait décidé de quitter le gouvernement après les élections municipales: "(Cela) démontre d'ailleurs que l'on peut critiquer et faire des propositions en restant au gouvernement."

Même satisfaction du côté d'Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts: "Je crois qu'il l'a déjà dit à plusieurs reprises (…), je suis ravie qu'Arnaud Montebourg trouve un chemin commun avec les écologistes parce que je crois que c'est ce que j'ai dit il y a quelques jours dans une interview."

Mélenchon et Philippot plus critiques

Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment annoncé qu'il quittait la coprésidence du Parti de gauche, a quant à lui été moins tendre avec Arnaud Montebourg et Cécile Duflot. Cette dernière, ex-ministre du Logement, a critiqué très durement dans un livre François Hollande."Bravo je les félicite", a ironisé l'ancien candidat à la présidentielle, les qualifiant de "tireur dans le dos".

"Madame Duflot, elle a enlevé la muselière, je la félicite. Il aura fallu deux ans de plus qu'à nous pour comprendre de quoi il retournait, pourtant il n'y avait pas besoin d'être un aigle pour comprendre: il suffi(sait) de lire ce que disait monsieur Hollande."

Du côté du Parti socialiste, les propos d'Arnaud Montebourg ont trouvé un écho favorable du côté des personnalités qui étaient déjà les plus critiques envers l'action du gouvernement. Marie-Noëlle Lienemann a ainsi assuré "partager" la position du ministre": "J'espère qu(il) aura assez de poids pour que son point de vue soit entendu."

Florian Philippot, vice-président du FN, refuse de parler de "couac" gouvernemental et cela même si les déclarations d'Arnaud Montebourg vont à l'encontre de celles de François Hollande et Manuel Valls, qui ont récemment affirmé vouloir maintenir le cap: "Chacun est dans son rôle. Arnaud Montebourg a réenfilé son traditionnel costume d'enfumeur électoraliste", a déclaré le dirigeant frontiste sur BFMTV. Selon Florian Philippot, "rien ne suis derrière (et) l'objectif (du ministre de l'Economie) est de leurrer quelques électeurs".

Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, évoque quant à lui un "malaise profond au sein de l'exécutif" et critique le timing de la prise de parole: "Cette prise de conscience soudaine plus de deux ans après être entré au gouvernement est bien tardive."

Maxence Kagni