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Duflot: "J'ai voté Hollande, cru en lui et été déçue"

Cécile Duflot, le 6 mai 2012, répondait aux journalistes près de l'affiche de François Hollande devant un bureau de vote parisien.

Cécile Duflot, le 6 mai 2012, répondait aux journalistes près de l'affiche de François Hollande devant un bureau de vote parisien. - Bertrand Guay - AFP

L'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot attaque violemment François Hollande et Manuel Valls dans un livre, à paraître le 25 août, où elle raconte ses deux ans au sein du gouvernement Ayrault. Morceaux choisis.

La hache de guerre est déterrée. Cécile Duflot, ancienne ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, a décidé de livrer dans un ouvrage (*) son avis sur la politique de l'exécutif dont elle fut un membre durant deux ans.

De son expérience de ministre du Logement, elle dit avoir découvert "l'ampleur des lobbies" et "que le président de la République lui-même n'était pas insensible aux sirènes de ces lobbies".

Voici quelques extraits, publiés par LeNouvelObs.com.

Le "président de personne"

"Faute d'avoir voulu être un président de gauche, il n'a jamais trouvé ni sa base sociale ni ses soutiens. A force d'avoir voulu être le président de tous, il n'a su être le président de personne. Cela n'est pas une question de tempérament, c'est la conséquence d'une succession de choix souvent inattendus et, parfois, incohérents entre eux."

 Les "promesses non tenues"

"François Hollande contre la dette, c'est pire que Sisyphe et son rocher. Un discours d'affichage non suivi d'effets... On devait tenir les 3% de déficit, on ne l'a pas fait. François Hollande passe son temps à fixer des objectifs qu'il ne peut pas tenir. L'effet est dévastateur."

"J'ai fait le même chemin que des millions de Français. J'ai voté Hollande, cru en lui et été déçue... J'ai essayé de l'aider à tenir ses promesses, de l'inciter à changer la vie des gens, de le pousser à mener une vraie politique de gauche. Et j'ai échoué. Alors je suis partie."

Manuel Valls, l'homme "de droite"

"A force de reprendre les arguments et les mots de la droite, de trouver moderne de briser les tabous, et donc de défendre la fin des trente-cinq heures, de dénoncer les impôts, de s'en prendre aux Roms, de prôner la déchéance de la nationalité pour certains condamnés, de taper sur les grévistes, quelle est la différence avec la droite ? Dans la ligne qu'il incarne, je ne me reconnaîtrai jamais. Elle est contraire... à ce que je suis." 

  • (*) "De l'intérieur. Voyage au pays de la désillusion", éditions Fayard
A. G. avec AFP