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Plan automobile: Xavier Bertrand "choqué" d'être exclu de la visite d'Emmanuel Macron chez Valeo

Emmanuel Macron et Xavier Bertrand en février 2016, à Roubaix - Image d'illustration

Emmanuel Macron et Xavier Bertrand en février 2016, à Roubaix - Image d'illustration - PHILIPPE HUGUEN / AFP

"Le président de la République fait de la politique alors qu'on devrait travailler tous ensemble", a déclaré le président de la région Hauts-de-France au sujet de la visite d'une usine automobile ce mardi après-midi.

Le président Les Républicains de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand s'est déclaré "choqué" d'être tenu à l'écart de la visite d'Emmanuel Macron mardi après-midi à l'usine de l'équipementier automobile Valeo d'Etaples (Pas-de-Calais) dans le cadre du plan de soutien à la filière automobile. "J'ai été prévenu hier soir par le préfet m'indiquant que j'étais informé mais pas convié par l'Elysée à cette visite", a déclaré à l'AFP Xavier Bertrand. 

"Les bras m’en tombent", réagit le président de la région auprès de BFMTV. "Je suis choqué que le président de la République fasse de la mise en scène alors qu’on devrait bosser tous ensemble. (...) C’est une crise sans précédent, qui concerne l’industrie automobile. Est-ce que ça ne vaut pas la peine qu’on bosse ensemble? Un président, dans cette période, ça doit rassembler."

L'Élysée défend un "protocole sanitaire rigoureux"

Dans la foulée de cette déclaration à l'AFP, l'Elysée a répondu mardi, expliquant la non-invitation à BFMTV: "Nous appliquons le protocole sanitaire rigoureux en vigueur durant la crise, avec notamment une délégation d’élus resserrée et réduite au strict minimum".

Interrogé par l'AFP, le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry a indiqué que le déplacement du chef de l'Etat à l'usine Valeo s'inscrivait dans le "format actuel de visite présidentielle dans le cadre de la crise sanitaire" liée au coronavirus, "sans protocole républicain habituel mais un protocole allégé".

Concrètement, seuls les maires des villes (Le Touquet, Etaples) où se rendra Emmanuel Macron, ainsi que le député de la circonscription Daniel Fasquelle (LR) sont conviés à la visite. Cinq ministres seront également présents.

"On me dit que c’est pour des raisons sanitaires, que la délégation sera limitée, mais à Montcornet il y avait une large délégation d’élus", déclare Xavier Bertrand à BFMTV, faisant référence à une visite présidentielle à laquelle il avait été convié le 17 mai à Montcornet (Aisne) pour l'hommage rendu au général de Gaulle. "Il s'agissait d'un schéma différent, en pleine nature", fait valoir une source gouvernementale à l'AFP.

Des "annonces décisives pour l'automobile dans la région"

"Je suis choqué que, sur un plan aussi important pour l'économie nationale et pour la région, première région automobile du pays, je ne sois pas associé", avait déploré auprès de l'AFP Xavier Bertrand. "Au-delà de la tradition républicaine, il y a quand même la nécessité de la réorganisation économique", a-t-il insisté.

"On est à la veille d'annonces décisives pour l'automobile dans la région et c'est vrai que je lui aurais demandé, à l'occasion de sa visite, que l'Etat, premier actionnaire de Renault, garantisse l'avenir du constructeur automobile dans la région", ajoute-t-il.

"Par ailleurs, ce n’est pas à Valeo que le Président devait se rendre, mais à l’usine Renaut de Maubeuge, où on a de grandes inquiétudes sur la suite", ajoute Xavier Bertrand auprès de BFMTV. Des rumeurs évoquent depuis lundi le possible transfert de l'activité d'assemblage de cette usine vers celle de Douai (Nord).

Cette nouvelle passe d’armes entre l’Élysée et Xavier Bertrand intervient après des tensions lors du précédent déplacement d’Emmanuel Macron dans les Hauts-de-France, en hommage au général de Gaulle. Le président de la région avait alors été la seule personnalité politique présente à garder son masque, expliquant avoir refusé de se plier à une demande de l’Élysée.

Benjamin Duhamel avec Salomé Vincendon