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Université d'été du PS: Taubira vole la vedette à Valls

Manuel Valls et Christiane Taubira

Manuel Valls et Christiane Taubira - -

Si le ministre de l'Intérieur a reçu une belle ovation à l’Université d’été du PS, la garde des Sceaux a avancé ses pions, évoquant les peines alternatives à la prison.

La discorde est toujours d'actualité. Christiane Taubira est venue voler la vedette à Manuel Valls samedi à l'université d'été du PS, où elle a reçu un accueil très chaleureux et avancé ses pions sur des peines alternatives à la prison.

Cela devait être la "journée" du ministre de l'Intérieur, avec un discours consacré à l'"offensive" que le PS lance contre l'extrême droite, sujet majeur de La Rochelle 2013. Manuel Valls, qui a rappelé les valeurs de la République, y a bien reçu une ovation debout, mais a aussi essuyé quelques sifflets. L'applaudimètre semblait moins intense qu'en 2012.

La ferveur, les militants l'ont plutôt réservée à la garde des Sceaux, pourtant non membre du PS, mais qui a incarné la réforme du mariage homosexuel. Arrivée en milieu d'après-midi, elle a eu droit aux applaudissements nourris et aux cris "Taubira, Taubira", "égalité".

S'exprimant devant une salle comble de plusieurs centaines de personnes, visiblement conquises, Christiane Taubira a promis, lors d'un débat sur "la fin du sarkozysme judiciaire", "une belle réforme pénale". Alors que les arbitrages ne sont pas tous rendus, elle a annoncé la création d'une "peine de probation" hors prison, appelée "contrainte pénale", qui "ne concernerait que les délits punis de 5 ans de prison ou moins".

"Les coups, je sais les rendre"

Une source gouvernementale confirme "l'esprit" de cette mesure, qui n'est cependant "pas arbitrée définitivement". Arrivé également samedi à La Rochelle, Jean-Marc Ayrault prendra la parole publiquement dimanche. "Je ne cherche pas à séduire (mais) je préfère convaincre", insiste Christiane Taubira, appelant à "bannir tout discours de stigmatisation".

"Les coups, je sais les prendre, je sais les rendre, je ne déteste pas" lance-t-elle aussi. Manuel Valls avait confié plus tôt: "J'aime prendre des coups, j'aime aussi en donner". L'ancienne patronne du PS Martine Aubry était venue l'écouter. Dans la matinée, Manuel Valls avait rendu hommage à cette "amie, une ministre dont chacun d'entre vous connaît les qualités".

Il a présenté aux militants ses armes - sécurité, laïcité, présence de l'État - contre le FN, "un parti qui simplifie tout et ne règle rien". "Socialiste, de gauche et fier de l'être", Manuel Valls appelle à ne pas céder à la "posture" en matière d'immigration qui doit être "organisée, régulée", "ceux qui disent le contraire se bercent d'illusions", lance celui que Jean-Luc Mélenchon (PG), accuse d'être "contaminé" par les idées de Marine Le Pen.

Loyauté absolue à l'égard du président

Plus tard, devant ses partisans réunis dans un hôtel, il a affiché sa "loyauté absolue" à l'égard de François Hollande, se défendant de vouloir créer "tout "nouveau courant" et ne réclamant que "la réussite du quinquennat". "Je ne veux gêner personne, je ne suis pas un problème", plaide le chouchou des sondages, omniprésent tout l'été, et critiqué au sein de son camp.

Son arrivée à l'université d'été a néanmoins témoigné du poids médiatique qu'a pris le ministre, de plus en plus souvent comparé au Nicolas Sarkozy d'avant 2007: meute de journalistes, bousculade. "Il a de l'énergie, du talent, des idées!", lance un ministre. C'est "un atout du gouvernement qu'il faut faire valoir", dit un autre.

Mais "au sein du gouvernement et de la majorité, il ne faut pas sous-estimer la popularité de Christiane" Taubira, décrypte un autre ministre. Au PS certains s'interrogent sur l'influence réelle, au sein du parti, de celui qui fut cinquième à la primaire de 2011 et que ses détracteurs surnomment "Monsieur 5%".

L. B. avec AFP