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Propos polémiques sur l'immigration: Valls s'explique

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Le ministre de l'Intérieur a estimé que ses propos, rapportés par la presse, ont été "déformés".

Ses propos ont "jeté un froid polaire", selon un participant au séminaire gouvernemental de ce lundi. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a abordé le sujet de l'immigration et de l'islam, selon des propos rapportés par Le Parisien. Il aurait évoqué les "défis et enjeux" liés à l'immigration et à la pression démographique dans les années à venir ainsi que ceux liés à l'islam. "La question du regroupement familial pourrait être revue", aurait-il déclaré.

Interrogé à ce sujet par Jean-Jacques Bourdin ce mardi matin, Manuel Valls s'est dit "gêné par la question". "Je suis très respectueux du secret" des discussions qui se tiennent en Conseil des ministres, a-t-il indiqué, préférant évoquer les réflexions sur "la France en 2025" qui était au programme du séminaire de rentrée du gouvernement.

"J'ai dit, et ce n'est pas la première fois, il faut rebâtir un partenariat avec l'Afrique, notamment sur la question migratoire", a-t-il indiqué, estimant que ses propos ont été "déformés" dans la presse. "L'ensemble de nos politiques migratoires devront être questionnées (...) Toutes les questions seront posées et (...) parmi d'autres, la question du regroupement familial peut être posée."

Les ministres à la rescousse

Les propos du ministre de l'Intérieur n'ont pas plu à tous, au sein du gouvernement. Des participants au séminaire de lundi ont rapporté au Parisien et à Libération les déclarations de Manuel Valls, évoquant un "vrai problème politique". Pourtant, ce mardi matin, plusieurs ministres l'ont défendu.

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a qualifié d'"extrapolations" et de "commentaires" les formules litigieuses. "Il n'y a pas de problème Manuel Valls", a tranché sur Europe 1 ce proche du président François Hollande.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a assuré sur iTélé qu'elle n'avait pas entendu Manuel Valls "tenir ce propos" et qu'il n'avait provoqué "aucune gêne". "Il s'est exprimé comme ministre de l'Intérieur sur son sujet de compétence".

"Quand on est dans un séminaire comme ça, chacun s'exprime librement et donne sa vérité, ses idées, on peut les partager ou non", a argumenté Pierre Moscovici, ministre de l'économie sur France Inter. "Quand je lis que Manuel Valls aurait laissé planer un doute sur le fait que l'islam soit incompatible avec la république", c'est "pas du tout, ce qu'il a dit, c'est exactement le contraire". "Ne nous faisons pas de faux procès", a-t-il demandé.

"C'est normal quand même de se poser la question de l'immigration dans 10 ans", a défendu Michel Sapin, ministre du Travail, au micro de France Info. "Cette immigration doit être maîtrisée, évidemment maîtrisée. Non pas interdite, non pas rejetée, non pas la peur de l'étranger - ça c'est l'extrême droite - mais humaine et maîtrisée". Il "a dit qu'il fallait - c'est un enjeu énorme - démontrer aux Français qu'il n'y a pas d'opposition entre l'islam et la démocratie alors que tout le monde a en tête, vu ce qu'il se passe ici ou là, qu'il pourrait y avoir une opposition", selon M. Sapin.

De son côté, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, a déclaré sur France 2: "Je ne crois pas que la mise en cause du regroupement familial serait une manière de faire vivre notre cadre républicain". Mais "la France, la République a des règles, l'immigration doit être encadrée", a-t-elle fait valoir.

V.D. et AFP