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Macron et Montebourg à l'unisson pour demander la démission de Valls

Les deux anciens locataires de Bercy n'ont jamais caché leurs différends avec le Premier ministre.

Les deux anciens locataires de Bercy n'ont jamais caché leurs différends avec le Premier ministre. - Eric Piermont - AFP

Ce week-end, le Premier ministre a expliqué qu'il excluait pas d'être candidat à la primaire de la gauche. Même si François Hollande se lançait dans la bataille. Dans ce contexte, ses opposants lui demande de démissionner.

Une situation politique inédite couplée à une exception constitutionnelle. Manuel Valls n'exclut plus d'être candidat à la primaire de la gauche pour choisir son champion pour la présidentielle en janvier prochain. Y compris si François Hollande se lançait dans la course début décembre comme les rumeurs le laissent entendre. Un président de la République face à son Premier ministre.

"Je prendrai ma décision en conscience", a annoncé dans le JDD Manuel Valls. Jusqu'alors aucun chef du gouvernement n'avait défié à ce point le chef de l'Etat. Dans ce contexte, de nombreuses voix s'élèvent pour appeler au départ de Manuel Valls. Le Parisien explique que "des ministres, notamment, outrés" ont appelé le président pour lui demander le départ de son second. Des appels discrets remplacés dimanche soir par un appel solennel.

Une situation "pas tenable"

Emmanuel Macron, ex-ministre de François Hollande et tout juste déclaré candidat à la présidentielle, a expliqué, sur France 2 dimanche soir, que Manuel Valls "est déjà allé trop loin".

"Quand on est Premier ministre d'un pays dont on dit chaque jour qu'il est dans une situation historiquement grave, on ne tient pas ces propos sur le président de la République", a déploré l'ex-patron de Bercy, l'appelant alors à "prendre ses responsabilités".

Ancien protégé de François Hollande, Emmanuel Macron, estimant que le climat à la tête de l'Etat n'est "pas tenable", se défend de toute vengeance. Lui qui a été souvent recadré par le Premier ministre. Avant que les deux hommes s'affrontent en public. "Quand j'ai eu des désaccords, je les ai exprimés et j'ai pris mes responsabilités en quittant le gouvernement", insiste le fondateur du mouvement En Marche !, qui a quitté son poste de ministre de l'Economie fin août. 

Démission

Avant lui, Arnaud Montebourg s'était déjà interrogé sur l'avenir de Manuel Valls à Matignon. Interrogé sur France 2 sur cette rivalité, le candidat à la primaire de la gauche a estimé que "cela doit cesser (...) dans l'intérêt du pays et y compris dans l'intérêt de la gauche".

"On ne peut pas être à la fois Premier ministre et candidat à la primaire", poursuit l'ancien ministre du Redressement productif.

"Cela veut dire qu'il y a une bataille politique au sommet de l'Etat", indique-t-il. "Qu'il présente sa candidature à la primaire et dans ce cas-là, qu'il présente sa démission."

"Il devrait aller au bout de sa visible et éphémère exaspération", taclait déjà il y a plusieurs semaines Arnaud Montebourg qui, lui, avait claqué la porte du gouvernement en 2014 après une série d'opposition sur différents thèmes avec le locataire de Matignon. 

"Dans ce couteau qui a déchiré la gauche, entre la déchéance de nationalité, la loi Travail, le coup de force du 49-3 au Parlement, je me demande qui était la lame ou le manche de François Hollande ou Manuel Valls", s'interroge-t-il. N'imaginant pas toutefois que les deux têtes de l'exécutif ne se mettent pas d'accord, car ils ont été d'accord, pour mener la même politique".

Justine Chevalier