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François Hollande contrôle (encore) le PS

François Hollande accueilli par des sympathisants au siège du Parti socialiste rue de Solférino, le 14 mai 2017 à Paris.

François Hollande accueilli par des sympathisants au siège du Parti socialiste rue de Solférino, le 14 mai 2017 à Paris. - Joël Saget - AFP

Officiellement occupé par sa fondation, François Hollande n'a en réalité pas renoncé à jouer un rôle au PS.

Prendre sa retraite lorsqu'on est habité par la politique comme François Hollande n'a rien d'une évidence. L'ancien président a entamé sa nouvelle vie, à la tête de sa fondation La France s'engage. Il s'est rendu en Corée du sud pour y donner une première conférence. Mais en réalité, la politique française ne l'a pas quitté. Lui qui a renoncé à briguer un second mandat n'a en revanche pas tiré un trait sur le Parti socialiste. "Il surveille le PS pour contrôler ce qu'il s'y passe", glisse un Hollandais au Parisien.

De son bureau, désormais situé au 242 rue de Rivoli, François Hollande distribue conseils et commentaires à ceux qui viennent le voir. Et ils sont nombreux. "Je l'ai rencontré, et beaucoup de mes amis demandent à le voir", reconnaît Eduardo Rihan-Cypel, ancien député socialiste joint par BFMTV.com. Parmi eux, Rachid Temal, proche de Jean-Christophe Cambadélis, ou encore Boris Vallaud et Najat Vallaud-Belkacem.

Les proches de Hollande en embuscade

L'ancien président commente, observe. Il prend de la place. Trop? Contacté par nos soins, Rachid Temal, le coordinateur de la direction collégiale du PS, refuse désormais d'évoquer François Hollande préférant se concentrer sur l'avenir de sa famille politique. "François Hollande est un socialiste, et tous les socialistes ont leur place à prendre dans la reconstruction", avance-t-il. Le reste, selon lui, "n'intéresse pas les Français".

Certains de la jeune génération verraient d'ailleurs d'un mauvais œil un adoubement de François Hollande comme un passage obligé. "Je ne sais pas trop si je vais y aller, après on va croire que je suis allé chercher des consignes", lance un quadragénaire au Figaro. "C'est l'ancien président de la République, c'est tout à fait normal de lui demander son avis", poursuit Rihan-Cypel. "Il s'intéresse à la situation du pays, de la gauche, il veut que le PS se reconstruise". A ses visiteurs, l'ancien président conseille de "se rassembler" et d'avoir "une ligne claire". Union, clarté: tout ce qui manque aujourd'hui au PS.

François Hollande a en tout cas son idée du parti. "Il est attaché à ce que le PS reste profondément social-démocrate, mais il ne souhaite pas s'immiscer dans le prochain congrès", dit Sébastien Denaja. François Hollande en personne n'aurait que très peu d'espoir de revenir. Ses proches, en revanche… Sur BFMTV dimanche, Stéphane Le Foll a annoncé que d'ici fin novembre, il publierait "un texte sur la question de l'avenir du PS tel qu'il le voit". Un candidat au poste de premier secrétaire? L'ancien ministre de l'Agriculture reconnaît uniquement être un "candidat à reposer les questions". Rien de plus pour l'instant.

Au PS, "tout le monde manoeuvre"

Chez les cadres socialistes, on n'est pas dupe. "On ne peut pas donner l'impression que Le Foll est en train de préparer le retour de François Hollande", s'exclamait Yann Galut, ancien député et membre du bureau national, interrogé à ce sujet en septembre dernier. 

"Il est trop tôt pour se poser la question du premier secrétaire", élude Eduardo Rihan-Cypel. Mais il reconnaît aussi qu'au sein du parti, "tout le monde manœuvre" en vue du congrès, qui devrait se tenir en février prochain. Galut et Rihan-Cypel, qui appartiennent à deux courants différents du PS, plaident en tout cas pour l'émergence d'une nouvelle génération. Et l'emprise de François Hollande risque de ne pas faciliter les choses.

Ariane Kujawski