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François Hollande tient sa première conférence à titre privé depuis son départ de l'Elysée

L'ex-chef de l'Etat français a tenu sa première conférence à titre privé en Corée du Sud, lors du World Knowledge Forum. En parallèle des enjeux géopolitiques mondiaux, François Hollande s'est exprimé en faveur du travail face aux "gens qui s'enrichissent en dormant" en France.

François Hollande a tenu dans la nuit de lundi à mardi à Séoul (Corée du Sud) une conférence d’une demi-heure sur les "enjeux géopolitiques pour l’avenir". Une première pour l’ancien Président français, qui avait pourtant assuré fin mars, lors d’un déplacement à Singapour, qu’il ne s’adonnerait pas à des "activités privées" une fois hors de l’Elysée.

"Des activités privées, je n’en avais pas eu avant mon mandat, je n’en ai pas eu pendant, je n’en aurai pas après", avait-il assuré, contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, connu pour ses conférences rétribuées.

Pourtant, selon l’entourage de François Hollande relayé par LCI, la rémunération est une des conditions pour la participation au World Knowledge Forum où il s’exprimait la nuit dernière, aux côtés de personnalités comme Hillary Clinton, Ban Ki-Moon, ou encore le lauréat du Nobel d’économie Oliver Hart.

Cité par Le Parisien, un proche de l’ex-Président socialiste assure que "le fric, ce n’est pas son truc". Les honoraires devraient être en partie reversés à la fondation La France s’engage, dont François Hollande a officiellement pris la présidence début septembre.

Pour sa première prise de parole aussi longue depuis qu’il a quitté l’Elysée, l’ancien Président français s'est livré à un plaidoyer en faveur du travail contre la rente. Citant notamment François Mitterrand dans son discours, l’ex-Président socialiste à incité à "ne pas laisser les gens s'enrichir en dormant".

"La rente ne devrait pas être favorisée. (...) On doit veiller à ce que ceux qui travaillent puissent avoir le bénéfice de leur effort", a-t-il déclaré. 

L'ex-chef de l'Etat a par ailleurs salué la mondialisation, qu’il ne considère "pas (comme) une menace pour les territoires ou les personnes", louant "l'échange" face au "repli". 

Un "besoin de certitude" face à "la prolifération nucléaire"

François Hollande a également abordé la politique étrangère de Donald Trump, taclant sa "double faute" sur le nucléaire iranien, son "imprévisibilité" et la "confusion" à la Maison Blanche.

"La décision de Donald Trump de ne pas certifier l'accord et de demander au Congrès de durcir les sanctions constitue à mes yeux une double faute", a-t-il déclaré, ajoutant que c’était "méconnaître l'objet même de la négociation", qui visait à "empêcher l'Iran d'accéder à l'arme et non à ce stade encore de lui faire changer sa politique, même si c'était le pari que l'accord contenait".

Mentionnant d’autre part la Corée du Nord, François Hollande a affirmé le "besoin de certitude, de constance, de stabilité" du monde "face à cet enjeu de la prolifération nucléaire".

L’ancien Président n’a pas non plus manqué d’attaquer Donald Trump sur l’accord de Paris sur le climat, dont le président américain veut se retirer. "La tentation du chacun pour soi, qui est pourtant absurde en matière d'environnement, s'en trouvera favorisée", a-t-il avancé.

Liv Audigane