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Au PS, les frondeurs n'ont assurément pas dit leur dernier mot

Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj sont parmi les animateurs du courant des "frondeurs" du PS

Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj sont parmi les animateurs du courant des "frondeurs" du PS - XAVIER LEOTY - AFP

Le bureau national du PS a mis en sommeil la crise politique qui existe entre le PS, le gouvernement et les "frondeurs". Néanmoins, la loi Travail, les élections départementales, le congrès du  parti ou le retour de la loi Macron à l'Assemblée laisse imaginer de prochains échanges fleuris.

Le bureau national du PS entendait mardi statuer sur le cas des frondeurs. Résultat, une synthèse qui ménage la chèvre et le chou. Oui, il est possible de débattre au sein de la majorité mais non, on ne doit pas entraver la bonne marche de l'action gouvernementale, dit en substance le texte adopté sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, qui a prôné le "rassemblement" devant ses troupes.

L'heure est donc à l'apaisement, alors que se profilent pour les socialistes de périlleuses élections départementales fin mars. A ce sujet, François Hollande a jugé, dans des propos rapportés par le Canard Enchaîné, que les "frondeurs" étaient "complètement siphonnés davoir cassé l’esprit du 11 janvier, à un mois des élections".

Mais rapidement, les échéances à venir vont offrir l'occasion de tester sur pièces cette clarification entre les deux camps.

> La loi Travail

Le code du travail est un "totem de gauche", pour reprendre la formule du premier secrétaire du PS. Y toucher pourrait mettre à jour de nouvelles dissensions au sein de la majorité. Le Premier ministre Manuel Valls a présenté mercredi aux syndicats et au patronat ses options pour moderniser le dialogue social en entreprise. 

Et déjà un point de tension possible existe: le cas du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans les entreprises, malgré l'assurance de Manuel Valls de ne pas y toucher. Mais Benoît Hamon a prévenu dans les colonnes de Mediapart: "La fin des CHSCT" serait l'une des mesures contraires "à l'épopée du socialisme triomphant". 

En l'état, le projet de loi Travail porté par François Rebsamen, prévu à l'Assemblée pour début avril, ne suscite pas encore de réactions virulentes mais le texte proposé sera scruté à la loupe.

> Le Congrès du PS

Loin des dorures du Palais Bourbon, l'ensemble de la famille socialiste se retrouvera en juin prochain à Poitiers, à l'occasion du Congrès du PS. A cette occasion, les différents courants auront l'occasion de débattre mais aussi de s'affronter entre "frondeurs" et "vallsistes". Le point majeur de contraction étant la politique économique du gouvernement.

Les "frondeurs" ne perdant pas de temps, les contributions se multiplient: 27 textes sont enregistrés avec les signatures de Martine Aubry, Benoît Hamon, ou encore Laurent Baumel, poids lourd des mécontents. Courant mai, ces contributions seront regroupées sous plusieurs motions, pour lesquelles les adhérents (environ 60.000) devront voter. 

Preuve que cette validation informelle de la politique menée inquiète à Matignon, le Premier ministre a donné des consignes à ses ministres: interdiction de s'en mêler. Une loyauté par le silence, ont regretté certains d'entre eux. Un problème que ne connaissent pas les "frondeurs".

> Le retour de la loi Macron

Passée en première lecture grâce au 49-3, la loi Macron, elle, reviendra à l'Assemblée nationale début juillet après son passage au Sénat. Déjà, les débats s'annoncent animés puisque dans son texte, le bureau national a prévenu que ses préconisations, par exemple le chiffre de sept dimanches ouverts au commerce, contre 12 dans la loi Macron, "n'ont pas été étudiées comme elles auraient dû" et "devront l'être en seconde lecture".

La question des dimanches travaillés a été utilisée comme symbole par les "frondeurs". Le moment (re)venu, ils n'auront sans doute pas oublié leurs combats.

Samuel Auffray