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Retraites: les députés RN voteront la motion de censure de la gauche, mais pas celle de LR

Marine Le Pen sur les bancs de l'Assemblée nationale le 31 octobre 2017

Marine Le Pen sur les bancs de l'Assemblée nationale le 31 octobre 2017 - Lionel BONAVENTURE / AFP

Les deux motions, qui doivent être débattues à l'Assemblée nationale dans la soirée, ont été déposées par les groupes d'opposition après le recours surprise, par le gouvernement, de l'article 49.3 en plein débat parlementaire sur la réforme des retraites.

Marine Le Pen a annoncé ce mardi qu'elle voterait, avec les 5 autres députés du Rassemblement national, la motion de censure déposée contre le gouvernement par la gauche mais pas celle de la droite. Le texte présenté par Les Républicains propose un départ à la retraite à 65 ans. 

Les deux motions, qui doivent être débattues à l'Assemblée nationale dans la soirée, ont été déposées par les groupes d'opposition après le recours surprise, par le gouvernement, de l'article 49.3 en plein débat parlementaire sur la réforme des retraites. Cet outil constitutionnel permet d'adopter le texte sans vote. Édouard Philippe avait expliqué vouloir mettre fin à ce qu'il a qualifié de "non-débat".

Soutien à "toutes les contestations" de la réforme

"Nous voterons la motion de censure qui demande le retrait pur et simple de cette réforme", soit celle présentée par trois groupes de gauche - socialiste, communiste et insoumis.

"En revanche nous ne voterons pas celle qui évoque un allongement de l'âge de départ à la retraite et la fin par principe des régimes spéciaux", soit celle des LR, a déclaré lors d'une conférence de presse au Palais-Bourbon la présidente du RN, dénonçant le "sectarisme de certains".

La députée du Pas-de-Calais a aussi répété qu'elle "(soutenait) toutes les expressions de contestation" de la réforme des retraites "à partir du moment où elles sont légales", alors que de nouvelles manifestations des opposants à la réforme sont prévues ce mardi.

"Double mépris"

Sur le volet organique du projet, Marine Le Pen a indiqué qu'elle allait "continuer la bataille avec les moyens qui sont les siens", le RN ne disposant pas de groupe parlementaire.

"Emmanuel Macron et Édouard Philippe gouvernent sans le peuple, voire contre le peuple. Cela se traduit par un double mépris", estime l'élue du Pas-de-Calais, citant d'abord le "mépris du peuple" parce que "c'est par référendum que les Français auraient dû valider ou non cette réforme", qui est "à forte teneur idéologique et porte un coup énorme au principe de méritocratie".

Et la cheffe du RN d'évoquer ensuite le "mépris du Parlement" en raison de l'utilisation par le Premier ministre de l'article 49.3. Mais "rien n'est fini", a poursuivi la candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2022, en invitant les opposants à cette réforme à voter pour son parti aux élections municipales des 15 et 22 mars et contre La République en marche.

Jules Pecnard avec AFP