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Manuel Valls fait ses adieux à l'Assemblée nationale 

L'ancien Premier ministre, né à Barcelone, s'est dit mardi après-midi dans l'hémicycle "reconnaissant" à la France et aux Français, qui lui ont "donné la possibilité d'avoir un parcours politique".

Des applaudissements, quelques huées et des affiches "bon débarras" de la part de députés La France insoumise: Manuel Valls a fait ses adieux ce mardi à l'hémicycle avant de se lancer dans la course à la mairie de Barcelone.

"Ce que l'Assemblée va perdre, l'Europe le gagne", a déclaré en préambule le président de l'Assemblée nationale (LaREM) Richard Ferrand. "Je ne vois dans votre départ à Barcelone, ni un départ, ni une rupture mais un renouveau des engagements démocratiques et européens qui ont toujours été les vôtres", a-t-il poursuivi. "Quoi qu'il advienne, je vous souhaite le meilleur", a lancé l'ancien président du groupe LaREM à Manuel Valls.

L'échange s'est déroulé lors de la session hebdomadaire de questions au gouvernement. Le député - encore pour quelques heures - de l'Essonne a donc profité d'une question à Edouard Philippe pour faire des adieux brefs à l'hémicycle où il a officié pendant plus d'une décennie (en discontinu).

"Je veux exprimer ma reconnaissance à mon pays, à la France"

"Je veux exprimer ma reconnaissance, d'abord à mon pays, à la France, un pays unique, unique, qui donne la possibilité à quelqu'un qui est né à l'étranger, qui a décidé d'être Français à 20 ans, d'avoir un parcours politique, d'être maire, député, ministre et Premier ministre de la République", a déclaré Manuel Valls devant les députés.

L'ancien Premier ministre s'est aussi dit "reconnaissant" envers "la politique"; "cette politique si décriée mais en même si indispensable à cette démocratie, et qui mérite du respect, de la tolérance et de l'élégance, c'est ce que j'ai appris avec Michel Rocard", a-t-il précisé, saluant tous les membres de l'Assemblée "sans exception".

Manuel Valls a assuré qu'il ne "renoncerai(t) jamais aux valeurs de la République: la liberté, l'égalité, la fraternité et cette belle laïcité qui protège". Tout comme le président de l'Assemblée nationale, le député a mis l'accent sur le côté européen de sa démarche.

"L'Européen est reconnaissant aux Français"

"L'Europe (...), oui je l'ai défendue ici, oui j'irai la défendre dans une autre ville", a-t-il concédé. "Mais je veux dire que le Barcelonais, que le Français, que le Républicain, et que l'Européen est reconnaissant aux Français et qu'il ne vous oubliera jamais, jamais", a martelé l'ancien ministre.

"La pire des choses lorsqu'on a eu l'honneur de diriger un gouvernement, c'est de susciter l'indifférence", lui a répondu Edouard Philippe.

"Vous n'avez jamais suscité l'indifférence"

"Compte tenu de la chaleur des réactions, soit très dures, soit très élogieuses, soit très respectueuses qui se sont exprimées dans cet hémicycle lorsque votre nom a été évoqué, je crois pouvoir dire que vous n'avez jamais suscité l'indifférence", a souligné l'actuel Premier ministre.

Ce dernier a aussi évoqué ses souvenirs lorsqu'il était son "adversaire politique" et loué le discours de Manuel Valls en janvier 2015, quelques jours après les attentats qui ont coûté la vie à 17 personnes. 

"Dans les jours qui ont suivi ces actes, vous avez su trouver les mots, et l'ensemble de l'hémicycle, quelles que soient aujourd'hui les positions, s'en souvient, comme nous nous souvenons de cette séance où chacun, marqué par ce que nous avions vu, compris, ressenti, mais probablement jamais aussi marqué que vous n'aviez pu l'être, car vous vous étiez rendus sur les lieux et vous aviez vu, de vos yeux", a salué Edouard Philippe.

"Vous avez, à des moments où la France était menacée, eu des mots qui étaient justes et exprimé une position qui était solide", a-t-il assuré. Evoquant sa candidature à la mairie de Barcelone, le Premier ministre a décrit "un choix osé et courageux" et a souhaité à Manuel Valls "le meilleur".

dossier :

Manuel Valls

Liv Audigane