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Diffusion de photos d'une victime de Daesh: la levée de l'immunité de Gilbert Collard refusée

Gilbert Collard et Marine Le Pen sont dans le collimateur de la justice après la publication de photos de Daesh sur Twitter.

Gilbert Collard et Marine Le Pen sont dans le collimateur de la justice après la publication de photos de Daesh sur Twitter. - AFP

Une enquête préliminaire a été ouverte après la diffusion par Marine Le Pen et Gilbert Collard de photos de propagande de Daesh, montrant une victime de l'organisation terroriste, pour protester contre une interview de BFMTV et RMC.

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé mercredi de ne pas lever l'immunité parlementaire de Gilbert Collard, député du Gard apparenté FN. La justice avait demandé à ce que cette immunité soit levée après que l'élu avait diffusé en décembre 2015 des photos de l'Etat islamique sur son compte Twitter. "Le rôle du bureau se limite à examiner si la demande qui lui est adressée par le juge est suffisamment précise sur les mesures envisagées" au regard "de l'atteinte à la liberté d'exercice du mandat qu'elles représentent", précise Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, dans un communiqué.

"En l'espèce, le juge n'avait pas précisé dans sa requête les mesures envisagées à l'encontre de M. Gilbert Collard", selon la présidence, qui précise que "depuis 1995, il s'agit ainsi de la seule demande examinée par le bureau qui ne mentionne aucune mesure".

Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre 2015 par le parquet de Nanterre pour "diffusion d'images violentes" visant Gilbert Collard mais aussi Marine Le Pen. Ces derniers avaient diffusé des photos montrant la barbarie de Daesh pour protester contre une interview du politologue Gilles Kepel sur BFMTV et RMC. Notre journaliste aurait fait un parallèle entre la montée du Front national et Daesh.

Trois ans de prison

En réaction, et pour dénoncer ce qu'elle avait qualifié de "parallèle ignoble", la présidente du Front national avait interpellé le journaliste et diffusé trois photos, dont l'une montrait un homme en combinaison orange, décapité, sa tête posée sur son corps avec pour message "Daesh c'est ça!". Avant que Gilbert Collard ne l'imite.

Le ministre de l'Intérieur avait alors adressé un signalement au parquet, qui a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire pour "diffusion d'images violentes". "Le fait de diffuser (...) un message à caractère violent (...) de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine (...) est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", est-il écrit dans le Code pénal.

J.C. avec AFP