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Tweets sur Daesh de Marine Le Pen: une enquête ouverte pour "diffusion d'images violentes"

Marine Le Pen a publié mercredi des tweets montrant des victimes de l'Etat islamique, décapitées ou sous les chenilles d'un char. Elle entendait dénoncer le parallèle qui aurait été fait entre le FN et Daesh. L'enquête concerne également Gilbert Collard qui a également posté des photos du même type.

Une enquête préliminaire a été ouverte pour "diffusion d'images violentes" par le parquet du tribunal de Nanterre après la diffusion sur Twitter mercredi par Marine Le Pen d'images montrant des exactions réalisées par Daesh. Des tweets de Gilbert Collard sont également dans le collimateur de la justice.

Cette procédure judiciaire fait suite au signalement réalisé par le ministère de l'Intérieur sur la plateforme Pharos. Une alerte auprès de la police annoncée mercredi après-midi pour que la direction centrale de la police judiciaire pour qu'elle "puisse se saisir de l'affaire", avait déclaré Bernard Cazeneuve.

Jusqu'à trois ans d'emprisonnement

"Un service d'enquête spécialisé sera saisi jeudi", a précisé le parquet de Nanterre qui a engagé cette procédure sur le fondement de l'article 227-24 du Code pénal.

Est visé par ce texte le fait "de diffuser (...) un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger, soit de faire commerce d'un tel message".

Un délit qui peut être puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende "lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur".

"Daesh c'est ça!"

Mercredi matin, Marine Le Pen a publié trois photos sur le réseaux social montrant sur l'une d'entre-elle un homme en combinaison orange, décapité, sa tête posée sur son corps. Avec pour message, la présidente du Front national écrivait: "Daesh c'est ça!" Des tweets imités par Gilbert Collard qui lui diffusait l'image d'un homme les mains attachés dans le dos le visage complètement écrasé.
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Condamnation du gouvernement

La présidente du FN et le député d'extrême-droite entendaient répondre à Jean-Jacques Bourdin. Selon eux, lors d'une interview ce mercredi matin sur BFMTV et RMC avec le politologue Gilles Kepel, notre journaliste aurait fait un parallèle entre Daesh et le Front national.

Après la diffusion de ces images choc, Manuel Valls avait condamné Marine Le Pen qu'il avait qualifié "d'incendiaire du débat public". Ajoutant que selon lui, il s'agissait d'une "faute morale". Dans le même temps, Bernard Cazeneuve avait déclaré que ces photos sont celles "de la propagande de Daesh et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daesh.".

dossier :

Marine Le Pen

Justine Chevalier avec AFP