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Bartolone et la "race blanche": "Je reconnais que l'expression n'était pas calibrée"

Le socialiste Claude Bartolone avait déclaré dimanche qu'il remettrait en jeu son mandat de président de l'Assemblée nationale.

Le socialiste Claude Bartolone avait déclaré dimanche qu'il remettrait en jeu son mandat de président de l'Assemblée nationale. - Thomas Samson - AFP

Sans suspense, Claude Bartolone a été reconduit mardi, par acclamation, président de l'Assemblée nationale par le groupe socialiste. Il a concédé devant les députés socialistes que sa formule accusant son adversaire Valérie Pécresse de défendre "Versailles, Neuilly et la race blanche" n'était "pas forcément calibrée".

Après son échec à garder l'Ile-de-France à gauche face à Valérie Pécresse, Claude Bartolone a été confirmé mardi comme président de l'Assemblée nationale, en présence notamment du Premier ministre Manuel Valls.

"Claude Bartolone a été un très bon président de l'Assemblée nationale. Je vous propose que nous redonnions notre confiance à Claude Bartolone, a lancé Bruno Leroux lors de la réunion à huis-clos du groupe des députés PS.

Son invitation a été suivie d'une standing ovation des députés PS, "ce qui dispense d'un vote formel", a précisé une élue.

L'élu socialiste de Seine-Saint-Denis avait déclaré au soir du second tour des régionales qu'il remettrait lundi, comme promis en début de campagne, son poste au "perchoir" entre les mains du président du groupe PS, Bruno Le Roux.

Une démarche "formelle" qui visait surtout à "relégitimer" Claude Bartolone comme quatrième personnage de l'Etat.

Son image a été écornée en fin de campagne quand il a accusé Valérie Pécresse de défendre "Versailles, Neuilly et la race blanche". 

"Je reconnais que l'expression n'était pas calibrée", a-t-il finalement concédé devant les parlementaires socialistes, après avoir notamment insisté sur "la poussée de l'extrême droite" en Ile-de-France.

A 64 ans, celui dont "l'ADN politique s'est construit en Seine-Saint-Denis" depuis la fin des années 1970 et qui est aussi bien connaisseur des arcanes parlementaires que socialistes, a perdu dimanche d'environ 1,6 point et quelque 60.000 voix le match de la région-capitale.

LR réclamait un nouveau vote des députés 

Le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, avait demandé mardi que Claude Bartolone se soumette de nouveau à un vote de l'ensemble des parlementaires pour être reconduit président de l'Assemblée.

"Il n'est plus digne d'exercer cette fonction (…) Je considère que Claude Bartolone a perdu l'autorité et le respect d'un certain nombre d'élus. Et qu'un président de l'Assemblée nationale doit pouvoir être respecté par tous les partis. Il s'est abaissé, il a une conduite qui n'est pas digne. Pour moi, si lui-même était à la hauteur, il se retirerait de cette fonction", a affirmé Laurent Wauquiez sur BFMTV mardi matin, en référence à la polémique sur "la race blanche".

Il a été répondu au groupe LR que le président de l'Assemblée tenait "sa légitimité du PS", a rapporté Christian Jacob.

"Il n'y a aucune raison de sanctionner quelqu'un qui a été courageux. Il n'était pas obligé de quitter la responsabilité qu'il avait", avait arugué Bruno Le Roux, lundi soir sur le plateau de BFMTV.

K. L.