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Régionales: Claude Bartolone provoque un tollé en parlant de "race blanche"

Claude Bartolone, en meeting mercredi soir à Créteil.

Claude Bartolone, en meeting mercredi soir à Créteil. - Loic Venance - AFP

Dans une interview à L'Obs puis pendant son meeting mercredi à Créteil, le candidat socialiste a reproché à Valérie Pécresse de défendre la "race blanche". Une expression polémique empruntée à Nadine Morano.

"Que reste-t-il de leurs valeurs républicaines alors que, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grand coup de race blanche?" Les attaques ont fusé mercredi entre Claude Bartolone et Valérie Pécresse, tous deux prétendants à la région Ile-de-France. Mais c'est cette allusion aux propos polémiques de Nadine Morano qui retient toutes les attentions.

Dans une interview à L'Obs, le candidat socialiste s'en prenait à son adversaire Les Républicains. Largement critiqué pour sa gestion de la Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, à qui l'on reproche une "politique à l'ancienne", a assuré qu'il n'avait aucune leçon à recevoir de celle qui défend "Versailles, Neuilly et la race blanche". Des propos réitérés en meeting à Créteil, dans le Val-de-Marne: 

"Que reste-t-il de leurs valeurs républicaines alors que, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grand coup de race blanche? Que reste-t-il de leurs valeurs républicaines quand ils donnent les clés du camion à la Manif pour tous, ce mouvement obscène de négation de la modernité menaçant ainsi le droit de s'aimer?" 

"Insupportable"

Cette attaque passe très mal à droite. La principale intéressée, Valérie Pécresse a dénoncé un candidat socialiste qui "dénigre, fustige, insulte". Un homme politique "sectaire", selon elle "C'est n'importe quoi, surenchérit Gérard Larcher, le président LR du Sénat. Notre pays a besoin d'être rassemblé". Pour Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDi, présent mercredi au meeting de la candidate Les Républicains, à Issy-les-Moulineaux, les propos de Claude Bartolone sont "indignes". "Et ça finit par être insupportable", insiste-t-il. 

Mais même du côté du FN, les déclarations de mercredi du socialiste gênent et entachent la campagne, selon le candidat frontiste. "Je trouve ces accusations-là exagérées et puériles de la part de M. Bartolone, condamne Wallerand de Saint-Just. Personne ne parle de race dans cette campagne."

L'utilisation du terme "race blanche" rappelle en effet de mauvais souvenir à la droite. En septembre dernier, Nadine Morano assurait que la France "est un pays de race blanche". Une phrase, qui après des semaines de bataille par médias interposés, lui a valu la perte de l'investiture pour les Régionales dans le Grand Est. Chez Les Républicains, cette période avait provoqué un certain malaise tant les termes se rapprochaient des idées du Front national.

J.C.