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"Nous ne reviendrons pas en arrière": à Perpignan, Marine Le Pen veut enterrer le souvenir du FN

La présidente réélue du Rassemblement national a pris la parole ce dimanche devant les cadres et les militants de son parti, en clôture du 17e congrès du Rassemblement national à Perpignan.

Sa prise de parole était attendue, pour clore un congrès lancé dans une ambiance maussade après la débâcle des régionales. Ce dimanche, à partir de 15 heures, Marine Le Pen, reconduite pour un quatrième mandat à la tête du Rassemblement national, s'est exprimée face aux militants et responsables de son parti, réunis à Perpignan depuis la veille à l'occasion du 17e congrès du mouvement. Et la candidate à la présidentielle de 2022 a tenu à revenir sur le virage idéologique pris par son parti. Une "dédiabolisation" interrogée au sein de la base militante du Rassemblement national, mais que Marine Le Pen a voulu justifier:

"Nous avons su durant ces dix dernières années nous écarter des analyses à l'emporte pieces, des sentances irrévocables et des mesures simplistes", a déclaré la présidente du RN, semblant pointer le Front national de son père, Jean-Marie Le Pen. elle a aussitôt creusé ce sillon: "Par le travail collectif, sans rien renier des lignes claires de nos convictions, nous avons su nous affranchir d'une immaturité politique peu comptabile avec des ambitions nationales, et donner à notre mouvement les qualités nécessaires à un parti de gouvernement."

"Nous ne reviendrons pas au Front national"

Une évolution "saine et nécessaire" selon la candidate, qui incarne pour elle ce qu'est aujourd'hui le Rassemblement national, un parti "ouvert à tous, créatif, audacieux, responsable et exigeant avec lui-même".

"Nous ne reviendrons pas en arrière. Avec tout le respect que nous avons pour notre propre histoire, nous ne reviendrons pas au Front national", a-t-elle affirmé Marine Le Pen.

"Victoire idéologique"

"Nous avons vu juste", a poursuivi la présidente du RN. Sur "l'immigration, sur l'ensauvagement de la société, sur la mondialisation et tant d'autres sujets qui structurent le débat politique" comme la laicité, la "fausse écologie", ou sur le caractère protecteur des frontières et la nécessité d'une "souveraineté industrielle" que la crise sanitaire a selon elle démontré, Marine Le Pen a assuré que le Rassemblement national avait eu raison depuis le début.

"Les observateurs, objectifs, ne pourront que conclure à la pertinence de notre analyse de fond. Notre plus grande victoire au bout de ces dix dernières années est à n'en pas douter une victoire idéologique, quasi-totale", a soutenu la candidate, avant de prolonger: "Notre analyse est presque unanimement partagée, il suffit d'écouter les LR nous plagier allègrement, surtout en période électorale".

Pourtant, la présidente du RN en a conscience: cette "réussite idéologique" annoncée ne se reflète pas dans les urnes. Il faut selon elle désormais passer à l'étape suivante et "transformer cette victoire idéologique en victoire électorale et politique." Le ton est donné, et la ligne claire. Si la "normalisation" du Rassemblement national laisse sceptique une partie de l'électorat du parti, sa présidente a décidé de l'assumer.

Louis Augry