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Mosquée de Strasbourg: Macron dénonce des collectivités "un peu trop complaisantes"

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan dans le quartier de La Meinau à Strasbourg se poursuit le 24 mars 2021, deux jours après un vote controversé de la mairie sur une subvention des travaux

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan dans le quartier de La Meinau à Strasbourg se poursuit le 24 mars 2021, deux jours après un vote controversé de la mairie sur une subvention des travaux - Frederick FLORIN © 2019 AFP

Le président de la République a soutenu Gérald Darmanin, qui a accusé la mairie de Strasbourg de "financer une ingérence étrangère" en validant le principe d'une subvention pour le chantier d'une mosquée.

Le président Emmanuel Macron a soutenu ce jeudi son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a accusé la mairie de Strasbourg de "financer une ingérence étrangère en France", déplorant des "collectivités peut-être un peu trop complaisantes".

"Il y a l'existence de groupes constitués, l'existence de groupes politiques sur le continent européen, qui sont eux, aujourd'hui, activés par des organes de propagande officielle", a affirmé le président en réponse à une question sur des ingérences de la Turquie lors d'une prise de parole depuis l'Élysée.

"Parfois ils se mêlent de nos élections, d'autres fois ils se mêlent de financement d'associations. Nous l'avons encore vu ces derniers jours avec les alertes légitimes faites par le ministre de l'Intérieur à l'égard de quelques collectivités territoriales, peut-être un peu trop complaisantes", a-t-il déclaré à l'issue d'un Conseil européen.

Le chantier d'une mosquée

Le président faisait allusion au financement par la municipalité de Strasbourg du chantier de la mosquée Eyyub Sultan, soutenue par une association pro-turque appelée Confédération islamique Millî Görüs ("Vision nationale", en turc), qui a donné lieu à un bras de fer entre le ministre de l'Intérieur et la maire EELV. Le conseil municipal a voté ce lundi le "principe d'une subvention" de 2,5 millions d'euros.

Gérald Darmanin, qui pointe "l'islam politique" de Millî Görüs, a dit avoir averti en janvier "élus locaux" et "services de la préfecture de tentatives d'ingérences extrêmement fortes" en France, "notamment de la part de la Turquie".

Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron et rendu public mercredi, la maire de Strasbourg a réfuté toute "mise en garde" et dénoncé dans une communiqué des "accusations" et des "amalgames".

Le président de la Confédération islamique Millî Görüs France, Fatih Sarikir, a estimé que Gérald Darmanin tenait "des propos ambigus et inexacts en nous accusant de faire de 'l'islam politique' et d'être des 'pro turc'".

M.D. avec AFP