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Moscovici sur l'Italie: "Je déteste ce que dit Monsieur Salvini mais je comprends d'où il vient"

Le commissaire européen était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi.

"Ça ne peut pas être l'Italie uniquement qui prend toute la charge" des migrations en Europe. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC ce lundi, Pierre Moscovici a appelé à une plus grande solidarité européenne et à une meilleure répartition de l'accueil des migrants entre les pays membres, alors que se tient en fin de semaine un sommet européen qui sera marqué par la crise politique migratoire. "C'était la Grèce, maintenant c'est l'Italie" qui les accueille tous, a déploré le commissaire européen.

"C'est la raison pour laquelle elle s'est sentie seule et pour laquelle s'est levé ce mouvement populiste", a avancé l'ancien ministre des Affaires européennes puis de l'Economie.

"Je n'aime pas l'idéologie qu'inspire Salvini"

S'inquiétant de la montée des nationalismes en Europe, Pierre Moscovici a ensuite évoqué le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui multiplie les déclarations xénophobes. Il a refusé d'accueillir l'Aquarius dans un port italien et a notamment proposé de recenser les Roms en vue d'exclure ceux qui n'ont pas la nationalité italienne.

"Je déteste ce que dit Monsieur Salvini, je n’aime pas l’idéologie qu’il inspire, je comprends aussi d’où vient Monsieur Salvini, c’est-à-dire du fait que l’Italie s’est sentie délaissée. La façon dont il le dit ne peut pas être partagée par des démocrates, il y a là une violence, une idéologie, une provocation, de la xénophobie et il faut le dire", a-t-il insisté.
"Mais derrière tout ça il y a une réponse à laquelle les Italiens ont le droit, c’est la solidarité de leurs partenaires. Donc il faut poursuivre la réflexion sur ce que peut être une politique européenne commune en matière d’asile", a conclu le commissaire européen.
Charlie Vandekerkhove