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Réforme du collège: Bayrou dénonce un "passage en force", appelle à une "manifestation"

François Bayrou, président du MoDem.

François Bayrou, président du MoDem. - BFMTV

François Bayrou, président du Mouvement démocrate, a fustigé mercredi matin la publication au Journal officiel du décret d'application du projet de loi de la réforme du collège. Une publication très rapide, que l'ancien ministre de l'Education nationale décrit, avec d'autres dans l'opposition, comme "un passage en force" auquel seule une "manifestation nationale" pourrait désormais répondre.

"Dénonçant un autoritarisme de petit chef" dont aurait fait preuve le gouvernement, François Bayrou, le président du MoDem joint au téléphone par BFMTV, a appelé mercredi matin à une "manifestation nationale" après le "passage en force" gouvernemental que représente à ses yeux la publication au JO de la réforme du collège. Une publication prévisible après l'annonce par Manuel Valls, la veille, de sa volonté d'aller vite sur ce dossier et que la ministre de l'Education justifiait, ce mercredi matin sur l'antenne de France Info, par la nécessité de ne "plus perdre de temps"

"Le gouvernement a décidé de mettre un terme à tout débat"

Un argument que François Bayrou ne partage manifestement pas: "Tous ceux qui ont entendu que le gouvernement, faisant fi de toutes les interrogations, toutes les inquiétudes et toutes les assurances qu'il avait données ces derniers jours, disant qu'on allait écouter, entendre, saisir le Conseil national des programmes, a d'un trait de plume, décidé de passer en force et de mettre un terme à tout le débat", s'est-il insurgé. "Tous ceux qui étaient inquiets sont indignés, ils s'aperçoivent qu'on a décidé de faire litière de leurs inquiétudes", a-t-il encore fustigé.

"A mon sens, il n’y aura qu’un seul recours, c’est que soit organisée une manifestation nationale de ceux qui veulent qu’on ne les traite pas de la sorte", a poursuivi l’ancien ministre de l’Education nationale.

Le revers que constitue cette publication apparaît est d'autant plus cuisant pour l'actuel maire de Pau, qu'il avait crié "victoire" le 13 mai après que la ministre de l'Education avait demandé au Conseil supérieur des programmes de lui faire des propositions sur les langues et cultures de l'Antiquité. François Bayrou y avait alors vu le signe que "la question du latin et du grec allait être reprise".

Le gouvernement affiche sa "détermination"

Le point de vue de Najat Vallaud-Belkacem, très différent, est que cette publication rapide au JO est "une façon de dire que cette réforme se fera". Sur RTL, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, voit dans cette rapidité la "marque de la détermination du gouvernement". Selon lui, "il ne faut pas opposer la publication du décret avec la nécessité du dialogue". La discussion "a eu lieu et elle doit continuer", "en particulier sur l'application de ce qu'on appelle l'interdisciplinarité". "Il y a à la fois la nécessité d'écouter, les enseignants en particulier, mais il y a aussi une détermination compte tenu de ce qu'est l'enjeu (...) Au fond, la seule question qu'on doit se poser est: 'Est-ce qu'on accepte que la France régresse dans toutes les évaluations internationales qui sont faites sur l'école?'", a argumenté Stéphane le Foll. "On a eu un débat avec des caricatures. (...) Il faudrait quand même que chacun se calme", a-t-il encore lancé.

Dans la même veine, l'économiste Jacques Attali a jugé mercredi au micro de BFMTFV/RMC "excellente" la réforme du collège.

Reste donc à savoir si après la mobilisation mardi des enseignants à l'appel de certains de leurs syndicats, sera effectivement organisée une "manifestation nationale". La grève des enseignants a été suivie par 27,61% des professeurs des collèges publics selon le ministère, et"plus de 50%" selon le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

David Namias