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Après sa mise en examen, Bayrou envoie un courrier pour rasséréner les militants du MoDem

Épinglé dans le dossier des assistants parlementaires européens, le leader centriste affirme auprès de ses troupes, dans un courrier que BFMTV s'est procuré, que son mouvement "n'a jamais utilisé d'emplois fictifs".

Face à la tourmente que traverse son parti, François Bayrou est contraint de s'adresser directement à ses troupes. Dans un courrier envoyé aux militants du MoDem, que BFMTV s'est procuré, le maire de Pau conteste les motifs de sa mise en examen dans l'affaire des assistants parlementaires européens

"Notre mouvement a toujours été respectueux des règles et des principes qui organisent la vie publique et son financement. (...) Notre mouvement n'a jamais utilisé d'emplois fictifs", peut-on y lire.

Le patron du MoDem est poursuivi au motif de complicité de détournement de fonds publics. À l'instar d'ex ou d'actuels dirigeants du MoDem comme Marielle de Sarnez ou Sylvie Goulard, François Bayrou est soupçonné d'avoir affecté des fonds européens à des dépenses du parti - pour des activités franco-françaises, donc. 

"Cela est parfaitement moral"

Là dessus, l'ancien garde des Sceaux, éternel chantre de la moralisation de la vie publique, persiste et signe:

"Tous les assistants parlementaires européens dont le nom est cité par les journaux, sans exception, ont travaillé pour les parlementaires dont ils étaient les collaborateurs et sous leur responsabilité directe."

Arguant de la parfaite légalité d'un système permettant à certains de ces assistants de bénéficier de contrats à temps partiel, "partagés" avec le MoDem, François Bayrou ajoute que "cela est parfaitement moral". "Un parlementaire sans parti, isolé, n’est rien", explique-t-il. Et de poursuivre:

"Nous avons été victimes de délation et de diffamation de la part de personnalités fragiles et surtout d’adversaires politiques, avec qui nous avons été en affrontement et en procès."

S'il est difficile de juger à qui le maire de Pau fait référence lorsqu'il parle de "personnalités fragiles", les "adversaires politiques" sont vraisemblablement issus de l'ex-Front national, la dénonciation originelle ayant émané de l'ancienne eurodéputée Sophie Montel. 

"Pour nos parlementaires européens pendant les derniers mandats, ces accusations sont douloureuses. Nous apporterons au cours de l’instruction toutes les preuves nécessaires. Une calomnie ne fait pas une réalité", se défend François Bayrou, visiblement décidé à ne pas se mettre en retrait du parti qu'il a fondé il y a 12 ans. 
Thomas Soulié avec Jules Pecnard