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Mission Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Dans une lettre adressée au président de l'Assemblée nationale, le député élu dans les Bouches-du-Rhône a expliqué qu'il démissionnait de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie pour protester contre la présence de Manuel Valls, dont il juge le profil "inapproprié", à sa tête. L'ex-Premier ministre a réagi avec colère sur Twitter.

Le chef de file des députés Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Manuel Valls, dénonçant "un personnage extrêmement clivant" qui aurait une "proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite". "Un accord d'origine inconnue a décidé de confier la présidence de cette mission à monsieur Manuel Valls (désormais député apparenté La République en marche). On ne saurait faire choix plus inapproprié. Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite", écrit Jean-Luc Mélenchon dans une lettre au président de l'Assemblée François de Rugy.

Jean-Luc Mélenchon dresse la liste de ses griefs 

Il rappelle notamment ses propos sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de l'ancien Premier ministre "avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne", une "proximité" qui ferait l'objet d'"une ostentation choquante pour les militants de la paix de ce pays comme du nôtre". "Corvée: siéger avec l'ignoble Valls à la commission Nouvelle-Calédonie. Ici, qui vient-il trahir ?", avait tweeté mardi le député des Bouches-du-Rhône dès la réunion constitutive de la mission sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

"M. Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu'une telle mission impose (...). Nous en voyons un signe supplémentaire quand nous l'entendons accuser notre groupe de complaisance pour les assassins islamistes", ajoute-t-il dans son courrier.

L'ex-chef du gouvernement a accusé récemment les députés de la France Insoumise d'"un discours islamo-gauchiste": "Une partie de la gauche est dans la complaisance vis-à-vis du communautarisme", de "l'islam politique" et est "irresponsable", selon Manuel Valls. Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, l'accusation est "formulée dans les termes de l'extrême droite" et "confirme l'inaptitude du personnage à mesurer ses propos". Les parlementaires LFI "redout(ent) ce qu'il pourrait être conduit à dire à propos des personnes à qui ses préjugés ethniques ou politiques viendraient à l'opposer dans le dossier de la mission".

"A la veille d'un référendum décisif (d'autodétermination en 2018, ndlr), ce choix sonne comme un signe de manque d'intérêt qui relègue le sujet à une opération de repêchage d'un ancien Premier ministre", alors même que "celui-ci a déjà été désavoué de toutes les façons possibles dans un passé trop récent", d'après l'ancien candidat à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon souligne qu'il regrette de devoir démissionner après avoir "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis avant même les accords entre ses protagonistes".

Manuel Valls réagit 

L'ancien chef du gouvernement a réagi, en trois messages consécutifs, sur Twitter: "Ignoble et outrancier texte de Mélenchon qui en claquant la porte de la mission Nouvelle-Calédonie, affiche son mépris pour les Calédoniens. Que vient faire Israël dans ce débat? Quel lien avec l'islamisme radical? Là encore, des raccourcis et allusions évidentes et délétères. Tous les républicains ont un devoir de vigilance face à ses thèses et prises de position. Personne ne peut laisser passer cela."

R.V. avec AFP