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Mélenchon aux salariés d'Air France: "Je veux bien aller en prison à leur place"

Sur BFMTV et RMC, l'eurodéputé du Front de gauche qualifie de "honte" l'arrestation de salariés d'Air France, après les violences contre le DRH. Et égratine au passage Manuel Valls.

Au lendemain de l'arrestation de six salariés d'Air France soupçonnés de violence contre le DRH de l'entreprise, Jean-Luc Mélenchon ne cache pas sa colère. "C'est une honte. Ce ne sont pas des voyous, ce sont juste des gens qui ont pris la défense de leur emploi", affirme-t-il sur BFMTV et RMC.

Pour le leader du Front de gauche, "nous sommes dans un Etat de droit, il y a des règles à respecter. On ne va pas chercher des gens à 6 heures du matin. On n'a pas été chercher Jérôme Cahuzac à 6 heures du matin! Aller chercher des ouvriers chez eux à l'aube, devant leurs enfants, c'est un abus (...) Ce sont des trafiquants de drogue? Ils ont tenté de se sauver dans un paradis fiscal?", s'interroge-t-il.

Manuel Valls dit qu'ils sont des voyous? Le seul voyou là-dedans, c'est celui qui parle comme cela", répond Jean-Luc Mélenchon. "Lorsqu'on est Premier ministre, on n'arrive pas en condamnant des gens avant même de les avoir jugés! Je vous rappelle qu'on avait fait toute une histoire à Nicolas Sarkozy une fois parce qu'il avait parlé de 'coupables' pour désigner des personnes encore en cours d'examen". Pour Jean-Luc Mélenchon, "la réalité, c'est qu'il faut faire peur aux ouvriers, aux salariés, pour que d'autres n'aient pas idée de leur arracher la chemise".

"Je veux bien aller en prison à leur place"

Puis, apprenant que la garde à vue de cinq salariés a été prolongée mardi matin, le député européen s'adresse à eux: "moi, je leur dis de recommencer, et de ne pas céder à la peur. Pensez à ces cinq types ! Vous trouvez normal que dans la même entreprise où l'on met 5 types en prison pour avoir arraché une chemise, le même type se soit augmenté de 400% son salaire parce qu'il est PDG? Il y a un minimum de dignité à reconnaître aux gens!" Et de prévenir: "la prochaine fois, ce ne sera pas que la chemise".

"Je veux bien aller en prison avec ces salariés, et même à leur place", poursuit Jean-Luc Mélenchon. "Moi ça va, mes enfants sont élevés. Qu'est-ce qu'ils ont fait pour mériter ça, eux, sinon défendre leur droit à l'existence? Je veux bien y aller à leur place."

Lundi déjà, plusieurs responsables de gauche ont exprimé leur colère après l'arrestation des salariés d'Air France. Pierre Laurent, Cécile Duflot mais aussi Eric Coquerel, du Parti de gauche, ont publiquement désapprouvé ces méthodes.

A. K.