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Marine Le Pen voudrait rétablir "des relations normales" avec la Russie et quitter le commandement intégré de l'Otan

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la prochaine présidentielle, était l'invitée de BFMTV-RMC ce mardi. De l'arrestation de Roman Protasevitch par le Bélarus à la Cour européenne des droits de l'Homme, elle a passé en revue de nombreux dossiers internationaux.

C'est le pré carré de la présidence de la République, en même temps que le domaine où un candidat peut se bâtir une stature autant nationale qu'internationale. Marine Le Pen, prétendante du Rassemblement national à la présidentielle, a détaillé ce mardi sur BFMTV-RMC le programme de politique étrangère qui sera le sien durant la campagne qui se profile.

"Je changerai la politique étrangère de la France"

"Je changerai la politique étrangère de la France", a-t-elle affirmé. Elle a aussitôt livré un exemple du virage qu'elle appelle de ses voeux: "Nous avons eu tort d'intégrer le commandement intégré de l'Otan". Avant de se prononcer pour un départ de la France du commandement intégré de l'Alliance atlantique.

Déplorant que la France connaisse des tensions avec plusieurs partenaires internationaux, elle y a vu la conséquence "de notre soumission diplomatique à l'Union européenne". Or, "un grand pays doit avoir sa propre diplomatie", a-t-elle précisé.

Marine Le Pen souhaite "rééquilibrer nos relations entre Etats Unis et Russie" et établir dans un cas comme dans l'autre "des relations souveraines". "La France doit retrouver la voie particulière qui est la sienne", a-t-elle appuyé, peut-être en référence à l'attachement gaullien à une voie médiane entre les blocs antagonistes durant la guerre froide.

Elle a plaidé plus longuement l'idée d'un rapprochement avec la Russie: "Je ne considère pas qu'il y ait aujourd'hui une bonne raison pour maintenir des sanctions à l'égard de la Russie, des sanctions dont nous avons été la première victime et la Russie la première bénéficiaire, notamment sur le plan de son agriculture. On peut lever ces sanctions qui ont eu les effets inverses de ceux qu'on espérait et retrouver des relations normales".

Détournement d'un avion par le Bélarus: Marine Le Pen condamne avec prudence

Tandis qu'Alexandre Loukachenko, dictateur du Bélarus et allié de Moscou, a fait arrêter dimanche l'un de ses opposants en détournant un vol commercial international, Marine Le Pen a commenté: "C'est une violation grave du droit international. Il est légitime que les condamnations pleuvent sur cet acte inadmissible". Elle a cependant averti: "Quand une sanction intervient elle doit toucher les responsables politiques, mais elle ne doit pas toucher le peuple qui lui n'est pas responsable".

Si elle a demandé la libération du dissident Roman Protasevitch, elle a soumis son appel à une double condition qui a résonné comme une double remise en question: "Oui (il faut le relâcher, NDLR)... s'il a été arrêté, je ne connais pas le dossier. (...) S'il n'a rien d'autre à se reprocher que des opinions politiques oui, bien sûr".

Rappeler "son périmètre" à la Cour européenne des droits de l'Homme

La présidente du RN a ailleurs évoqué les droits humains sous un angle plus domestique. Alors que Sébastien Chenu, son lieutenant et candidat aux régionales dans les Hauts-de-France, a vertement critiqué la Cour européenne des droits de l'Homme, désirant même en sortir, elle s'est opposée à l'idée que la France en claque la porte: "Je ne le crois pas utile au moment où nous parlons".

Avant de préciser: "Mais je ne crois pas au rôle qu'on lui prête de 'gardien des droits'. Le créateur des droits de l'Homme, c'est la France. La Constitution française dépend comme elle le doit, et avec la force qu'elle doit des droits de l'Homme".

Réclamant qu'on rappelle "son périmètre" à la CEDH, Marine Le Pen a expliqué: "Je ne veux pas que la Cour européenne des droits de l'Homme nous empêche de nous protéger des dangers. Par exemple, je ne veux pas qu'on nous oblige à garder des terroristes sur notre territoire sous prétexte qu'ils risqueraient la peine de mort dans leur pays d'origine".

Marine Le Pen n'a pas seulement abordé le continent européen. Elle a également présenté succintement un agenda africain: "Il y a un très grand développement culturel et économique à mener avec les pays africains francophones".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV