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Marche contre l'islamophobie: le PCF appelle à manifester dimanche, malgré les réserves de Roussel

Fabien Roussel, le 8 février 2019 à Cherbourg.

Fabien Roussel, le 8 février 2019 à Cherbourg. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Tous les cadres du parti n'ont pas signé l'appel à manifester publié dans les colonnes de "Libération" le 1er novembre.

"Il devient d'extrême urgence de dire stop": le PCF a appelé vendredi à manifester dimanche contre l'islamophobie, malgré les réserves de son secrétaire national Fabien Roussel qui n'avait pas signé l'appel, mal à l'aise avec le mot d'ordre.

Les termes utilisés et l'identité de certains initiateurs soupçonnés d'être proches de l'islam politique ont conduit une partie de la gauche à ne pas s'associer à l'appel publié dans Libération, comme le Parti socialiste, et une autre à relativiser son soutien initial, comme l'eurodéputé EELV Yannick Jadot et le député LFI François Ruffin.

Côté communiste, si le porte-parole Ian Brossat était signataire de la tribune, ce n'était pas le cas du patron, Fabien Roussel, qui a dit mercredi trouver "réducteur" le terme "islamophobie".

S'"opposer massivement au racisme antimusulman"

Mais vendredi, le PCF a appelé dans un communiqué à manifester "partout en France" pour s'"opposer massivement au racisme antimusulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse".

"La déclaration, faite pour les nôtres, a pour but de dissiper tout malaise", indique l'entourage de Fabien Roussel à l'AFP, qui assure: "L'engagement du parti est total sur ce sujet".

Chez Europe Écologie-Les Verts, le secrétaire national David Cormand a dit sur Public Sénat assumer "bien sûr" sa signature.

Rappelant la présence de Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, au rassemblement contre l'antisémitisme du printemps 2018 après le meurtre de Mireille Knoll, il a fait valoir que cela ne l'avait "pas découragé de manifester contre l'antisémitisme", et que ce devait être de même lorsqu'il s'agit de se mobiliser pour "nos amis musulmans".

Au fond avec le débat sur le voile, "ce qui est en jeu c'est qu'on reproche aux gens non pas leur croyance mais ce qu'ils sont, et quand on reproche aux gens ce qu'ils sont du fait de leur croyance, c'est du racisme", a-t-il aussi estimé.

Mélenchon et Martinez soutiennent l'initiative

Générations a également détaillé les raisons de son appel à manifester: "Il est indispensable de s'opposer massivement au déferlement de haine contre les musulmans et toutes celles et ceux que l'on désigne comme tels, seule définition de l'islamophobie". 

Parmi les signataires de l'appel se trouvent par ailleurs la totalité des députés de La France insoumise (dont le chef Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé son soutien à la marche), le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez ou encore la porte-parole d'Attac Aurélie Trouvé.

C.M. avec AFP