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Macron assure que la France ne laissera pas le Mali tomber aux mains jihadistes

Le président de la République a effectué ce vendredi son premier déplacement militaire au Mali. Après une rencontre avec son homologue Ibrahim Boubacar Keïta, Emmanuel Macron a réaffirmé l'engagement de la France dans l'opération Barkhane.

"La France est engagée depuis le début à vos côtés. Et ce que je suis venu dire, de manière très claire, c'est qu'elle continuera à l'être". C'est le message fort envoyé ce vendredi par Emmanuel Macron, en visite à Gao, au Mali, au côté de ses ministres Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères) et Sylvie Goulard (ministre des Armées), ainsi que du directeur général de l'Agence française de développement, Rémy Rioux. 

Depuis 2014, la France est en effet engagée dans les principaux pays de la bande sahélo-saharienne, dans le cadre de l'opération militaire Barkhane. Plus tard dans la journée, le président de la République rendra également visite aux troupes françaises déployées pour lutter contre le terrorisme.

"Pour le Mali, la France continuera l'engagement militaire qui est le sien, qui permet à la fois la sécurisation, le retour à la souveraineté pleine et entière sur l'intégralité du territoire, et l'éradication du terrorisme islamiste. Notre volonté est d'accompagner cet effort militaire avec un effort en matière de développement", a déclaré le chef de l'Etat, aux côtés du président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Le développement du Mali, "antidote contre le terrorisme islamiste"

En matière de développement du pays, Emmanuel Macron a également indiqué que plusieurs décisions avaient été prises permettant d'améliorer "des infrastructures de transport, des infrastructures urbaines ou périurbaines, en matière de santé ou d'éducation, pour permettre à la population de mieux vivre". 

En outre, le président de la République estime que le développement du Mali permettrait de mieux lutter contre le terrorisme.

"C'est le meilleur antidote contre le terrorisme islamiste. Les terroristes prospèrent sur la misère, sur la désagrégation des sociétés".

Une aide conditionnée

En contrepartie de cette aide supplémentaire, le locataire de l'Elysée attend une stricte application des mesures prévues par les accords de paix d'Alger (signés entre le gouvernement malien et les rebelles en 2015). Un peu plus tard dans la journée, Emmanuel Macron déclarera devant la presse:

"Je n’enverrai pas nos soldats se faire tuer si tous les gouvernements qui sont responsables de la situation localement ne prennent pas l’intégralité de leurs responsabilités".

Emmanuel Macron demande l'engagement de l'Europe

Emmanuel Macron souhaite aussi un appui plus prononcé de la part des autres pays européens dans l'engagement militaire au Mali. "Ils peuvent faire davantage, en terme d'appui, en terme de développement, et de partenariat d'équipement". Et de préciser:

"Je me dois d'être totalement honnête quant à l'engagement des autres pays européens. L'Allemagne n'est pas engagée de la même façon que nous, dans les opérations au Mali, mais elle y est engagée en terme numérique. Mais je souhaite renforcer ce partenariat. (...) Ma volonté, dans le cadre de nos engagements en Afrique sur le plan militaire, est de faire davantage encore avec l'Europe et avec l'Allemagne".

Avec Angela Merkel sur des théâtres d'opération?

Interrogé par BFMTV lors de la conférence de presse organisée un peu plus tard dans la journée sur ce qu'il attendait concrètement de plus de la part de Berlin, Emmanuel Macron a évoqué "la coopération dans les équipements".

"C'est ici absolument vital. Il y a un besoin d’hélicoptères de dernière génération, de véhicules blindés de dernière génération. C’est dans ce cadre que la coopération avec l’Allemagne, renforcée, peut nous rendre collectivement plus efficaces", a-t-il considéré.

Le président a également annoncé qu'il n'excluait pas "des déplacements communs" avec Angela Merkel sur des théâtres d'opération.

Résurgence des attaques

Le nord du Mali était tombé au printemps 2012, sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al Qaïda à la faveur d'une rébellion touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature d'un accord de paix en 2015, censé isoler définitivement les jihadistes. Depuis, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du pays.

Alexandra Milhat et Ghislain de Violet