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Macron affine son plan contre le communautarisme, qui doit être annoncé avant les municipales

Emmanuel Macron prend la parole pendant une conférence en amont de la signature d'un contrat de transition écologique, à Pau, le 14 janvier 2020

Emmanuel Macron prend la parole pendant une conférence en amont de la signature d'un contrat de transition écologique, à Pau, le 14 janvier 2020 - Georges Gobet / AFP / POOL

Le chef de l'État consulte afin de finaliser les annonces sur ce sujet hautement sensible, sur lequel il est attendu par l'opposition. Un déjeuner sur la question s'est tenu jeudi à l'Élysée.

Sibeth Ndiaye l'avait annoncé le 6 janvier à l'issue du premier conseil des ministres de l'année: "C'est probablement au début du mois de février que nous aurons l'occasion de faire des annonces" à l'égard des "forces qui minent l'unité nationale" désignées par Emmanuel Macron dans son discours de vœux aux Français. "Dans les prochaines semaines, je prendrai de nouvelles décisions sur ce sujet", avait ajouté le chef de l'État.

Jeudi, alors que le mois de février est bien entamé, la porte-parole du gouvernement s'est fait plus évasive sur le calendrier. Indiquant sur Public Sénat que le gouvernement prendrait la parole sur le communautarisme "avant les municipales", afin de "faire venir la République pleine et entière dans les quartiers qui en ont été dépossédés".

Consultations et arbitrages

Pour l'heure la teneur des mesures n'est pas connue. Mais en coulisses, Emmanuel Macron consulte. Jeudi, un discret déjeuner s'est tenu à l'Élysée selon des informations du Parisien confirmées par BFMTV. Parmi les convives, des maires de bords politiques divers de plusieurs communes comme Évry (Essonne), Trèbes (Aude), où un attentat tuant quatre personnes avait été perpétré en mars 2018, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Mulhouse (Haut-Rhin), Maubeuge (Nord) et Poissy (Yvelines).

Étaient également présents les conseillers d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu et la députée Aurore Bergé. Un déjeuner au cours duquel Emmanuel Macron n'a parlé que quelques minutes sur les 2h30 d'échange, et a pris beaucoup de notes.

Emmanuel Macron aurait usé à cette occasion de l'expression "retrouver du commun", selon Le Parisien. Selon le quotidien toujours, le plan n'est pas terminé, mais une consigne a été passée: proposer des mesures efficaces et aux bases juridiques solides.

"Communautarisme" et "séparatisme"

"Il y avait un point de convergence: la nécessité d'une expression présidentielle sur le sujet d'ici à fin février. Tout le monde l'a incité à le faire. Et lui est conscient de cela. Il a très envie de parler avant les municipales", a confié un participant au déjeuner à BFMTV.

D'après nos informations, Emmanuel Macron a été interpellé par beaucoup d'élus sur l'absence de réponse pénale aux différents trafics qui prospèrent dans des quartiers difficiles. Le chef de l'État a usé du terme "communautarisme" mais aussi du vocable de "séparatisme". Il n'a, à aucun moment, parlé d'immigration.

L'organisation des cultes intégrée au plan

Élément nouveau: l'organisation des cultes devrait finalement être versée au plan, ajoute Le Parisien. Ainsi, Emmanuel Macron a insisté sur une réforme du Conseil français du culte musulman (CFCM) selon nos informations.

Pour l'organisation des cultes, Christophe Castaner sera en première ligne en tant que ministre de l'Intérieur auquel ces questions échoient. Un dossier hautement sensible, alors que la garde des Sceaux Nicole Belloubet a créé la polémique, avant de plaider la maladresse, en indiquant à propos de l'affaire Mila que "l'insulte à la religion" constituait "évidemment une atteinte à la liberté de conscience".

dossier :

Emmanuel Macron

Thomas Soulié avec Clarisse Martin