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Loi "anti-casseurs": Marine Le Pen dénonce "une atteinte à nos grandes libertés individuelles"

Marine Le Pen - Image d'illustration

Marine Le Pen - Image d'illustration - Patrick Kovarik - AFP

Pour la présidente du Rassemblement national, les casseurs sont utilisés afin de décrédibiliser le mouvement des gilets jaunes.

Au lendemain du très polémique vote de la loi "visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs" autrement appelée loi "anti-casseurs", les réactions politiques se multiplient. Ce mercredi, invitée sur FranceInfo, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen s'est indignée contre le texte qui selon elle est "une atteinte à nos grandes libertés individuelles." 

"Les Français ont de grandes libertés individuelles et quand ils en abusent, il y a des magistrats qui sanctionnent à posteriori. aujourd'hui, les préfets peuvent interdire, sur des fondements vagues, des manifestations. C'est un texte éminemment dangereux avec l'ajout de l'article 2, nous avons voté contre (les députés RN, ndlr) car plus qu'une loi anti-casseurs, c'est une loi anti-gilets jaunes" poursuit l'avocate de profession. 

Dans le détail, 387 députés ont voté en faveur du texte et 92 contre. Au sein même de la majorité, des voix dissonantes se sont faites entendre puisqu'une cinquantaine d'élus se sont abstenus, dont le député du Val-d'Oise Aurélien Taché. 

Le rôle des casseurs

La fille de Jean-Marie Le Pen est également revenue sur la présence de casseurs lors de manifestations de gilets jaunes. Pour elle, ces derniers profitent d'un certain laxisme potentiellement volontaire des autorités. 

"Je pense qu'ils sont utilisés, on laisse faire pour décrédibiliser les manifestants. Patrick Buisson l'avait révélé dans son livre, Sarkozy avait laissé les casseurs détruire et susciter des images anxiogène pour décrédibiliser un mouvement social" rappelle-t-elle. 

Pour l'ancienne finaliste de l'élection présidentielle de 2017, des outils existaient déjà pour punir les casseurs mais ne sont pas appliquées. "En banlieue, les dégradations sont quotidiennes, mais combien de fois les collectivités ou l'Etat deviennent partie civile devant les tribunaux? Jamais. C'est acquis que les contribuables paient les dégâts. L'Etat, les départements et les mairies doivent être parties civiles."

Marine Le Pen l'assure également, elle fait le distinguo entre casseurs et gilets jaunes.

"Il peut y avoir des casseurs parmi les gilets jaunes, mais il existe des groupements violents avec des cibles particulières, qui viennent pour la violence. Ils étaient 1000 le 1er mai mais rien n'a été fait pour les empêcher d'agir." 

Un référendum sous conditions

Ce mercredi, comme d'autres chefs de partis, Marine Le Pen va rencontrer Emmanuel Macron afin de s'entretenir de la situation sociale actuelle du pays. Et quant à une idée de référendum, hypothèse soulevée ces derniers jours, cette dernière pose ses conditions.

"Je suis d'accord avec l'idée de référendum mais il ne doit pas être issu du grand débat. On savait que cela allait avoir lieu et on connait déjà les questions, je ne veux pas que ce soit une manœuvre."

Pour elle, une sortie de crise passe par une refonte totale du mode de scrutin, dont elle estime qu'il devrait comprendre une plus large part e proportionnalité. 

"En Marche à le sentiment d’être majoritaire, il l’est en raison du mode de scrutin, si les législatives étaient proportionnelles peut-être que Jean-Luc Mélenchon aurait 80 députés et le Rassemblement national 100" conclut-elle. 

Hugo Septier