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Violences policières: pour Ciotti, "dire que la police est raciste est une contre-vérité"

Invité de BFMTV et RMC, le député LR des Alpes-Maritimes a pris fait et cause pour les forces de l'ordre, exprimant son refus de voir émerger une France où l'on laisserait s'affronter les "bandes" et les "communautés".

Toujours disert lorsqu'il s'agit de parler de maintien de l'ordre, Eric Ciotti récuse l'idée selon laquelle une part importante de la police française serait intrinsèquement raciste. Invité ce lundi matin de BFMTV et RMC, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes a été interrogé sur les conséquences, sur l'image des forces de l'ordre, de la mort de George Floyd aux États-Unis puis les manifestations en hommage, en France, à Adama Traoré

"Dire que la police est raciste aujourd'hui, je le dis, est une contre-vérité qui ne repose que sur une approche idéologique. Moi, je conteste cette vision, et je demande (...) au président de la République, comme au ministre de l'Intérieur, de dénoncer ce procès collectif qui est fait à la police", a-t-il déclaré. 

Ne niant pas les "actes individuels (...) condamnables" de certains policiers, Eric Ciotti a acquiescé à l'idée que soient jugés les membres des forces de l'ordre récemment épinglés pour leur participation à un groupe Facebook où circulent des messages à caractère raciste. Ce groupe privé rassemblerait environ 8000 membres qui se prétendent gendarmes ou policiers.

Violence légitime ou excessive?

Sur les violences policières en elles-mêmes, l'élu LR a donné raison au président de son parti, Christian Jacob, qui la veille a semblé nier l'existence du phénomène en France. "On a vu des violences de manifestants, mais jamais de violences policières", avait-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews. 

"La violence de l'institution policière n'existe pas et il a raison", a défendu Eric Ciotti, citant le "monopole de la violence légitime" du sociologue Max Weber. "Il faut que cette force soit proportionnée, mesurée, c'est tout l'enjeu des techniques d'interpellation, de formation", a-t-il développé. 

Le député a toutefois admis qu'il pouvait y avoir des "dérapages individuels". "Il y en a eu, il faut les combattre, mais dire que c'est la police qui est violente, non, jamais", a-t-il affirmé, avant de s'adresser directement aux manifestants qui, ces derniers jours, ont exprimé leurs réprobations vis-à-vis des forces de l'ordre.

"Qu'est-ce qu'on veut? Une société où il n'y a plus de police? Une société où s'assoit la loi des communautés, des bandes, de la violence, du plus fort qui domine? C'est pas cette France que je souhaite, personnellement. C'est pas ma France", a-t-il insisté. 
Jules Pecnard