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UMP: accord de paix en vue après un armistice de cinq mois

Le duo Copé-Fillon

Le duo Copé-Fillon - -

Mardi soir, la commission de révision des statuts doit se réunir une dernière fois pour valider le principe d'une primaire avant l'élection présidentielle.

L'armistice signé entre copéistes et fillonistes fin 2012, après un mois de conflit à l'UMP, devrait déboucher mardi soir sur un accord de paix, lors de l'ultime réunion de la commission de révision des statuts qui validera le principe d'une primaire avant l'élection présidentielle.

"Tous les points de l'accord sont en passe d'être réglés", s'est félicité Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon.

La fin des hostilités?

Jean-François Copé et François Fillon avaient signé le 18 décembre un accord instaurant une paix fragile entre leurs deux camps, dans le bus de mettre fin aux hostilités déclenchées par l'élection controversée à la présidence de l'UMP. Celles-ci avaient gravement entaché le parti et leur cote de popularité.

Au programme de cet accord: modernisation des statuts de l'UMP, mise en place d'une direction collégiale, organisation d'une primaire en vue de l'élection présidentielle, procédure pour l'élection du président du parti.

"Discussion ultérieure"

Seul point noir: la nouvelle élection à la direction de l'UMP. Aura-t-elle lieu? C'était le point numéro un de l'accord et pourtant, il fera l'objet d'une "discussion ultérieure" entre Fillon et Copé.

D'un commun accord, il est probable que cette élection n'ait pas lieu en 2013, mais en 2014 ou 2015 (autre point qui devait être déterminé mardi soir), selon des fillonistes et copéistes.

Mais comment l'annoncer sans avoir l'air de renier l'engagement de décembre? "La seule façon de sortir du problème, c'est de faire voter les militants. Cela permettrait de 'nettoyer' novembre dernier", affirme un ancien ministre.

Une primaire "doublement ouverte"

Toujours est-il que les membres de la commission des statuts, présidée par le duo Copé-Fillon, réunis quasiment chaque semaine depuis le 11 février, devraient valider mardi en fin de journée les deux autres points principaux de l'accord.

Premier point: l'instauration d'une primaire ouverte qui élira le candidat à l'élection présidentielle. Selon plusieurs caciques UMP, le parti "s'est inspiré de la primaire socialiste".

Dans l'entourage de Jean-François Copé, on insiste sur le fait que ce sera "une primaire doublement ouverte, aux autres partis membres de la droite républicaine et au centre et à tous les Français qui le souhaiteront".

"Exclure les candidatures fantaisistes"

La réunion de mardi devrait fixer les modalités de parrainages pour "exclure les candidatures fantaisistes". Tout candidat devra être soutenu par dix parlementaires et par un certain nombre de conseillers régionaux, généraux, maires ou conseillers nationaux du parti.

Autre question: et si le président de l'UMP veut se présenter à la primaire, à quel moment doit-il quitter ses fonctions? Met-on dans les statuts que le président du parti ne peut pas être candidat? Ce dernier point est "difficile à faire acter", reconnaît Bruno Le Maire.

En revanche, il est acquis que la candidature d'un président de la République sortant serait le "seul cas de figure" dans lequel il n'y aurait pas de primaire. De fait, si l'ex président Nicolas Sarkozy voulait revenir en 2017, il lui faudrait passer par la primaire de 2016.

"Haute autorité" en veille

Sans doute le point "le plus difficile" devant être acté selon un ancien ministre: la création d'une "haute autorité", chargée de veiller au respect des statuts.

Elle devait être présidée par une personnalité extérieure à l'UMP. Elle comprendrait des membres non encartés et des membres de l'UMP, désignés par le bureau politique du parti à la majorité qualifiée des deux-tiers.


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S. T. avec AFP