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Sarkozy appelle à la "concorde" et dénonce le climat de "violence" qui règne selon lui en France

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Présent aux vœux de Guillaume Peltier, vice-président du parti, l'ancien chef de l'État a prononcé un discours d'une trentaine de minutes dans lequel il met en garde, entre autres, contre la montée du communautarisme.

On lui reprochait de nourrir des rapports trop amicaux avec Emmanuel Macron. De prendre ses distances, du moins symboliquement, avec une famille politique en situation de délabrement électoral. Nicolas Sarkozy a eu l'occasion de prouver le contraire ce lundi. L'ancien président de la République s'est rendu à Romorantin, dans le Loir-et-Cher, pour les vœux de Guillaume Peltier, numéro deux du parti Les Républicains. 

Appelant plusieurs fois à la "concorde nationale", l'ex-chef de l'État s'est inquiété du degré de violence qu'a atteint selon lui la société française. "La République, c'est un régime qui trouvé sa place dans le cœur des Français, quand la République était synonyme de sécurité, (...) de concorde, (...) de paix civile", a-t-il développé face à des sympathisants LR. Et Nicolas Sarkozy de prévenir:

"À chaque fois que la République a suscité la division, elle est tombée comme un mauvais fruit."

"Quatre cavaliers de l'apocalypse républicaine"

Dénonçant la multiplication des "scènes de violence" de ces dernières semaines, l'ancien locataire du palais de l'Elysée a affirmé que celles-ci "abaissent la France". D'après lui, "antiparlementarisme, abstention, indifférence, haine de l'autre" sont les "quatre cavaliers de l'apocalypse républicaine". 

"Nous ne pouvons pas nous permettre de choisir cette voie", a-t-il prévenu, estimant qu'il fallait "dire à nos compatriotes qu'il y a des gens qui sont morts pour qu'on vive libre".

"L'héritage ne peut pas être le terreau de la haine de l'autre. (...) Il y a une tyrannie des minorités que je n'accepte pas. La France, c'est la communauté nationale. Partout, l'identité de la Nation doit l'emporter sur les mémoires identitaires. Le communautarisme et l'esprit de clan sont nuisibles à la France", a développé Nicolas Sarkozy. 

Macron ménagé, Hollande égratigné

La tonalité et le vocabulaire rappellent la ligne adoptée par le candidat à la primaire LR de novembre 2016. Évoquant pêle-mêle Voltaire et François Mitterrand, l'ex-président a dénoncé les effets de Mai-68 - "il est interdit d'interdire, on voit ce que ça a donné". Il a par ailleurs ménagé son successeur Emmanuel Macron, qu'il a représenté au Japon puis au sultanat d'Oman, tout en taclant l'un de ses adversaires favoris, François Hollande:

"Je veux servir mon pays. J'ai représenté la France à la demande du président. Je respecte la fonction et la personne. Si son prédécesseur avait eu l'idée... Malheureusement il n'en avait pas."
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Nicolas Sarkozy

Jules Pecnard avec Benjamin Duhamel